Quand Faya la blanche donne le la

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Quand Faya la blanche donne le la
Quand Faya la blanche donne le la

Africa-Press – Tchad. Le sort du général Ismakh Issakha n’est pas encore tranché au moment où ces lignes sont écrites. Mais une chose est sûre, il ne remettra pas pied de sitôt à Faya Largeau dans sa tenue de gouverneur, donc représentant du président de la République. L’ancien chef espion a été exfiltré de la ville en fronde depuis plusieurs jours pour des raisons de sécurité. Faya a donc réussit à faire reculer le gouvernement sur un sujet qui, pourtant ne devrait pas être un point de contestation. S’assurer de la régularité des pièces administratives des véhicules est la moindre des choses pour une autorité. Mais à quoi bon de respecter les édits d’une autorité qui ne fait pas son travail ? C’est la question à laquelle les habitants de Faya ont répondu, à leur manière bravant la répression qui est pourtant allée crescendo pendant des jours.
Que l’on soit clair. L’objet de cet édito n’est pas d’inciter à de l’incivisme mais plutôt rappeler que face à l’injustice, la désobéissance est de mise.
C’est le message que doit retenir le Conseil militaire de transition (Cmt) à l’heure où les préparatifs du dialogue national inclusif avancent à grand pas mais sont marqués par des scènes de tueries dans les champs, les salles de classe et les marchés. Des crimes, conséquences de l’injustice et de la mal gouvernance qui ont instauré un climat de mal être généralisé au sein de la société tchadienne.
« La parole s’est libérée » comme l’a constaté le ministre d’état chargé de la réconciliation, Acheikh Ibn Oumar au début des travaux de restitution des rapports des pré-dialogues organisés en province et à l’étranger. Selon les témoignages, les participants se sont exprimés sans réserve et parfois avec véhémence. C’est dire que le ras-le-bol est là et il ira croissant si les autorités privilégient la violence et la répression. Le ras-le-bol ira croissant si le harcèlement de ceux qui ne soutiennent pas la transition continue par des moyens déguisés ou non comme c’est le cas des deux avocats membres de la coalition de la société civile Wakit Tamma. Le ras-le-bol ira croissant si on continue à chercher des arguties pour empêcher aux Transformateurs de se réunir au lieu de les encadrer comme dans des sociétés civilisées. Ce que les habitants de Faya ont fait peut inspirer d’autres. A charge au gouvernement de mettre à jour son logiciel.

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