Africa-Press – Tchad. Grâce à la solidité de son actionnariat et à la confiance des agences de notation, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique est parvenue à lever 500 millions d’euros en eurobond à un taux attractif.
C’était une première pour la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea). Malgré ses cinquante ans d’existence, celle-ci n’avait jamais sollicité le marché obligataire international. C’est désormais chose faite depuis la 18 janvier. La banque multilatérale de développement, détenue par dix-huit pays membres de la Ligue arabe, a réussi une levée de fonds de 500 millions d’euros assortie d’une maturité de trois ans avec un coupon de 3,75 %.
À titre de comparaison, en début de semaine, la Banque africaine de développement (BAD), qui bénéficie d’une notation triple A, a émis une obligation de 2 milliards de dollars avec un taux de 4,22%. De quoi réjouir Sidi Ould Tah, le directeur général de la Badea, qui a confié à Jeune Afrique être « ravi de l’accueil réservé par les investisseurs » à l’augmentation de capital.
Selon l’institution, l’émission obligataire a obtenu un carnet d’ordres final de plus de 1,2 milliard d’euros de la part de plus de 50 investisseurs issus de 27 pays différents, ce qui a permis à la Badea de ne conserver que les meilleures offres. Les arrangeurs de l’émission étaient Afreximbank, Citigroup, Deutsche Bank, Emirates NBD Bank, JP Morgan, Société Générale et Standard Chartered Bank.
Cela fait près de deux ans que la Badea prépare cette sortie sur les marchés. En 2022, son capital a été multiplié par près de cinq, passant de 4,2 à 20 milliards de dollars. Grâce au renforcement de ses fonds propres, l’institution, déjà évaluée positivement par les agences de notation, a pu obtenir le deuxième meilleur profil de crédit du continent derrière la BAD (notée triple A, comme précédemment évoqué). Moody’s lui a en effet attribué AA2, S&P Global Ratings, AA, et la Japan Credit Rating Agency l’a même gratifiée d’un triple A – une note souveraine qui lui a permis d’obtenir de telles conditions d’emprunt.
Actionnariat solide
La réussite de ce premier emprunt obligataire tient aussi à l’actionnariat solide de la Badea, dont l’Arabie saoudite détient plus de 25 % des parts, suivie du Koweït, (15,7 %), des Émirats arabes unis (10,7 %) et du Qatar (8,6 %). Jusqu’à présent, la tête de pont de la coopération économique entre le monde arabe et l’Afrique finançait ses dons et ses prêts concessionnels uniquement grâce à ses fonds propres.
Avec ces nouvelles ressources, la Badea pourra encore accélérer ses investissements sur le continent. Ils se sont élevés à environ 2,2 milliards d’euros en 2023, contre environ 2 milliards d’euros un an plus tôt. « Ce n’est que le début d’une longue présence sur les marchés financiers pour catalyser les ressources nécessaires aux secteurs prioritaires en Afrique subsaharienne, avec un accent particulier pour l’impact social », a prévenu Sidi Ould Tah.
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