Africa-Press – Tchad. Longtemps reconnues comme des zones de forte production de mangues, la ville de Doba, chef-lieu de la province du Logone oriental, ainsi que plusieurs localités environnantes, connaissent en 2026 un retard significatif de production. Une situation inhabituelle qui suscite interrogations et inquiétudes au sein de la population.
Un tour effectué dans les points de vente habituels et dans les villages environnants a permis de constater la rareté du fruit. Pourtant, chaque année, Doba et les localités voisines telles que Bekamna, Mongo, Kagmata, Bekondjo, Bessama et Ndorokaga approvisionnent abondamment les marchés locaux et nationaux en mangues dès le mois de janvier ou début février.
Selon plusieurs habitants, depuis le début de l’exploitation pétrolière de Komé en 2003, les manguiers ne produisent plus normalement. Les fleurs tombent prématurément, les feuilles se dessèchent et les fruits n’apparaissent que tardivement, souvent en mars ou avril, et en quantité insuffisante.
Rencontrée devant l’agence STTL de Doba, une commerçante de mangues exprime son désarroi. « Nous ne savons plus ce qui se passe. Depuis l’exploitation du pétrole, nous pensions que notre situation allait s’améliorer, mais c’est le contraire. Les effets néfastes du pétrole ont détruit nos manguiers. Aujourd’hui, un panier de mangues coûte entre 8 000 et 10 000 FCFA, et le double coro est vendu à 2 000 FCFA. C’est très difficile. »
Elle ajoute que, les années précédentes, les mangues mûres abondaient à cette période et constituaient une source essentielle de revenus, notamment pour les veuves chargées de subvenir aux besoins de leurs enfants.
Même constat chez Tehadoum Balthazar, grand planteur de manguiers à Doba, qui affirme que le retard récurrent de production impacte fortement les besoins de sa famille.
Pour Dr Dounia Richard, géographe de la santé et enseignant-chercheur à l’Université de Doba, plusieurs facteurs expliquent cette situation: la variabilité climatique, l’insuffisance des précipitations, la destruction des fleurs par le vent, ainsi que des facteurs biologiques tels que les maladies des manguiers et les insectes ravageurs.
Il souligne également l’impact de l’exploitation pétrolière, notamment à travers l’émission de dioxyde de carbone, susceptible de provoquer des pluies acides nocives pour la production végétale.
Actuellement, au marché moderne de Doba, devant les agences de voyage et dans plusieurs quartiers de la ville, les mangues se font rares. Les quelques fruits disponibles se vendent au prix de 2 000 FCFA le double coro.
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