Africa-Press – Tchad. Depuis l’inauguration du pont de la Refondation, le 1er décembre 2025, par le Premier ministre Allah Maye Halina, la mobilité s’est nettement améliorée dans le 9e arrondissement de N’Djamena, notamment dans la zone de Walia. Cette nouvelle infrastructure a entraîné une baisse significative des coûts de transport et une meilleure fluidité de la circulation. Toutefois, cette situation impacte négativement l’activité des conducteurs de motos-taxis, communément appelés « clandomen », qui se plaignent d’une forte baisse de clientèle.
Grâce à la réduction des embouteillages, les chauffeurs de bus ont repris le dessus avec des tarifs plus abordables, permettant aux usagers de se déplacer plus rapidement et à moindre coût.
Rencontrée au rond-point de Walia, Madame Légoto se dit soulagée par cette nouvelle donne. « Je suis vraiment contente. Les « clandomen » de Walia étaient trop chers et ne faisaient aucun effort. Dès que tu négociais, ils te laissaient. Une fois, je voulais aller de Walia à Dembé, on m’a demandé 1 000 francs CFA. Aujourd’hui, le car fait ce trajet à 150 francs, sans embouteillage et très rapidement », témoigne-t-elle.
Même son de cloche chez Binon, qui souhaite même la construction d’autres ponts. « Les « clandomen » de Walia ont un mauvais comportement. Ils taxaient les gens comme ils voulaient. Grâce au nouveau pont, les bus circulent facilement et à moindre coût. La majorité des habitants utilisent désormais les bus. Voilà les conséquences », affirme-t-elle.
Madame Deneram, quant à elle, estime que cette situation est le résultat d’un excès passé. « Les « clandomen » pensaient que cette situation allait durer éternellement. Aujourd’hui, on se déplace facilement à Walia sans clando. Les cars sont disponibles sur plusieurs axes, avec un tarif standard et plus de sécurité. Avec le temps, les « clandomen » seront obligés de se reconvertir », explique-t-elle.
Les « clandomen » expriment leur détresse
Du côté des « clandomen », le constat est amer. Hassan, conducteur de moto-taxi à Walia, déplore la situation actuelle. « Depuis l’inauguration du pont, nous avons presque perdu nos clients. Avant, on pouvait rentrer avec 10 000 francs CFA par jour, parfois plus. Aujourd’hui, si tu gagnes 3 000 francs, tu dis merci à Dieu. Seuls ceux qui travaillent la nuit s’en sortent un peu », confie-t-il.
Il lance également un appel aux syndicats de transport. « Nous demandons aux syndicats de réorganiser certaines stations de cars à Walia. Nous aussi, nous avons des familles à nourrir, des loyers à payer », ajoute-t-il.
Ndilnodji Stéphane
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