les fruits séchés ont la cote

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les fruits séchés ont la cote
les fruits séchés ont la cote

Africa-Press – Tchad. Les Tchadiens sont de plus en plus séduits par les fruits séchés. Banane, mangue, papaye. . . Le séchage permet de manger des fruits toute l’année et à toutes les saisons.

Plusieurs entreprises se sont lancées dans la transformation des fruits et les sèchent. Le séchage est ainsi un moyen de conservation facile pour les consommateurs dans une capitale où les délestages sont monnaie courante.

Mais aussi une solution économique quand les prix des fruits s’envolent quand ils deviennent rares. Au bord du paisible fleuve Chari, Warou Haroune s’active dans sa boutique.

Gants en plastique aux mains, il emballe ses derniers fruits tout juste séchés. . . « Ça, c’est une commande qu’un supermarché m’a faite », explique-t-il.

Avec une livraison de 200 sachets de fruits séchés, soit 2 kilos, sa petite entreprise tourne à plein régime. Dans l’arrière-boutique, des cartons entiers de papaye s’entassent.

Elles sont épluchées, puis découpées. Direction le séchoir. Une sorte de four électrique pour déshydrater les fruits tout en conservant leurs valeurs nutritionnelles.

« C’est le séchoir que je préfère. Grand Boeing, c’est la machine qui a une capacité plus élevée que les autres. Cela commence à 23-28 degrés et après, à un moment donné, ça va partir jusqu’à 220 degrés. »

Au Tchad, il y a beaucoup de soleil, pourquoi alors ne pas sécher à l’air libre ? « Certains clients sont obsédés par les fruits. Quand tu mets sous le soleil, tu attends jusqu’à une semaine.

C’est pour cela que j’ai eu l’idée de chercher une machine pour aller plus vite. Pour la mangue, cela prend 12 heures par exemple. » Des fruits toute l’année

Hôtelier de formation, Warou Haroune s’est lancé dans le séchage des fruits pour répondre à une demande en pleine explosion. Mais pour avoir du stock toute l’année, il doit s’organiser pour acheter ses fruits frais aux meilleurs prix en fonction des saisons.

« Si le prix de la mangue devient un peu plus bas au mois d’avril, le moins cher c’est à 85 000 francs CFA [130 euros].

Et j’achète plus de 20-30 cartons par jour. Mais pour l’instant, la mangue est très chère. Deux cartons de mangues, c’est plus de 30 000 francs. » Selon la saison, certains fruits sont même introuvables sur les étals des marchés où leurs prix s’envolent.

Le séchage est donc une alternative efficace pour manger des fruits toute l’année. Mais pour Ahmed Moussa Ngame, membre de la Chambre de commerce, la transformation des fruits est une filière encore artisanale.

« L’État doit avoir une politique de pouvoir conserver les produits locaux.

Ça veut dire que quand il y en a en bonne quantité, c’est bien mais comment fait-on pour conserver pour pouvoir en manger toute l’année ? Il faut beaucoup produire d’accord, mais il faut beaucoup transformer.

Malheureusement au niveau du Tchad on n’arrive pas à mettre une structure solide pour organiser les agriculteurs. On n’a pas une chambre d’agriculture solide. Et c’est un réel problème. » À N’Djamena, l’expert estime que 40% des fruits cultivés sont jetés faute d’avoir été transformés.

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