“je suis étonné qu’on achète du Nido alors que nous avons beaucoup de lait”

Africa-PressTchad. Le secrétaire d’État à la Santé publique et à la Solidarité nationale, Dr. Djiddi Ali Sougoudi, s’est exprimé la semaine dernière sur les défis du Tchad au plan nutritionnel et les conséquences de la malnutrition, au cours du lancement par le restaurant N’Djamena Food du projet “J’achète, je contribue” visant à nourrir les démunis.

Dr. Djiddi Ali Sougoudi a estimé que la faim est un “véritable fléau”, évoquant les conséquences sur la santé publique :
“Avec la faim, on ne peut rien faire. La faim est classée parmi les cinq situations où l’Homme est immunodéprimé (…) Une personne affamée a tous les problèmes du monde. Il n’a pas de système de défense et il est fragile. Pour un rien du tout il peut tomber malade et en souffrir. Ces enfants que nous voyons qui parcourent les rues, ce sont des enfants qui sont dénutris. À cause de la faim, beaucoup de maladies se développent et nous n’arrivons pas à combattre. Lutter contre la faim c’est lutter contre les maladies”.

​”On a beaucoup d’aliments mais on ne sait pas préparer. Au Tchad, c’est notre drame. Un pays qui a tant d’animaux, tant de viandes, tant de protéines, on a des gens qui meurent de troubles protéino-énergétiques. C’est extraordinaire et c’est inadmissible”, a déclaré le secrétaire d’État à la Santé publique et à la Solidarité nationale.

Dr. Djiddi Ali Sougoudi déplore le manque de transformation des produits locaux, une situation qui profite aux importations extérieures :
“Le Tchad est le premier pays en chameaux. On a 7,2 millions chameaux. Le Tchad a un bétail énorme. Avec tant de viande, on n’arrive pas. Notre drame aussi c’est de ne pas conditionner cette viande, de ne pas pouvoir transformer ces aliments que nous avons. En dehors du lait caillé, on ne sait rien faire. (…) Il faut vraiment aussi aider les Tchadiens à s’approprier leurs aliments, les conserver et les mettre au marché. Je suis étonné qu’on achète du Nido, des produits qui viennent de l’extérieur alors que nous avons beaucoup de lait”.

De l’avis du membre du gouvernement, le pays doit privilégier les aliments locaux qui sont très énergétiques :
“Le Tchad a beaucoup de ressources. Ils faut privilégier les aliments locaux qui sont accessibles à la population. On a beaucoup d’aliments traditionnels qui sont très riches en protéines. Nous avons des aliments énergétiques. Par exemple la sauce Kawal, la spiruline qui est la meilleure protéine au monde, le poisson fumé, le charmout et également d’autres préparations combinées”.

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