les raisons qui militent pour la révision des horaires du couvre-feu

Africa-PressTchad. Instauré depuis avril 2020 sur certaines parties du territoire national, le couvre-feu a été sans cesse renouvelé depuis lors. Depuis le 30 décembre, il va de 18 heures à 05 heures pour la ville de N’Djamena. Des horaires qui posent problème.
Deux semaines après l’enregistrement du premier cas de Covid-19 au Tchad, le couvre-feu a été décrété comme l’une des mesures pour contrer la propagation de cette maladie. C’était d’abord de 20 heures à 6 heures du matin. Après la désapprobation populaire, il a été revu. L’heure de fin a alors été fixée à 5 heures et elle est restée immuable jusqu’à ce jour. C’est l’heure de début qui a varié entre 21 heures, 23 heures, 20 heures entre autres. Depuis le 30 décembre, le couvre-feu est ramené de 18 heures à 05 dans la capitale. Une mesure suivie le lendemain par le confinement de N’Djamena.
Mais ces horaires, surtout l’heure du début, sont dommageables pour pratiquement toutes les couches de la société. Les artistes dont les prestations se passent la plupart du temps la nuit sont inconsolables. Certains ont pleuré à chaudes larmes sur les réseaux sociaux, ne sachant que faire pour survivre.
Il y a aussi ces nombreuses femmes, filles-mères, veuves, etc. qui vivent et prennent en charge leur famille avec la restauration la nuit à la belle étoile appelée populairement “tourne-dos”. Il y a ces détenteurs de commerces, lieux de spectacles et autres qui ne fonctionnent que la nuit.
Citons aussi les journalistes et certains secteurs d’activités qui ne sont pas cités dans le décret instituant le confinement mais dont le travail est indispensable à la vie en société.
N’oublions pas ces nombreux cas d’accident de la voie publique, dont certains mortels, parce que voyant pointer l’heure du couvre-feu, les gens filent à tue-tête pour échapper aux bastonnades et autres amendes des forces de défense et de sécurité.
Pour couronner le tout, ces mesures draconiennes sont prises sans tenir compte de nos réalités, de ceux qui vivent au jour le jour. Et même sans mesures d’accompagnement pour soulager les plus vulnérables, comme cela se fait dans certains pays (pas seulement développés) qui adoptent ces mesures.
La lutte contre cette pandémie est une obligation pour un gouvernement responsable. Toutefois, il ne faut pas que le remède fasse plus mal que le mal lui-même. D’où l’impérieuse nécessité, sinon de lever, au moins de repousser l’heure du couvre-feu. Car la vie des gens en dépend.

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