la CPDC s’interroge sur les critères de choix des membres du CNT

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la CPDC s'interroge sur les critères de choix des membres du CNT
la CPDC s'interroge sur les critères de choix des membres du CNT

Africa-PressTchad. La Coordination des Partis Politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC), a animé un point de presse ce 12 octobre 2021 à la maison de médias. Un point de presse qui a pour objet de faire part à l’opinion des échanges qui ont eu lieu le 1er octobre 2021 entre une délégation de la coalition et le Haut-Représentant de l’Union Africaine.

Ces échanges avaient pour but de présenter à l’Union Africaine, acteur majeur du processus de transition au Tchad, l’évaluation faite par la coalition de l’évolution dudit processus.

Le rapporteur de la CPDC, Noubatessem Jonathan Boguyanan, souligné que « la CPDC qui était toujours tenue à l’écart des forums organisés ces dernières années, a opté, malgré ses appréhensions, d’apporter sa contribution au processus de la transition due à la mort tragique, inattendue et dans des conditions non élucidées du président ldriss Deby Itno en participant activement au Comité du Dialogue National Inclusif.

Cette décision a été motivée en grande partie par les résolutions de la 996ème réunion du Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine qui exigent des autorités de la transition, entre autres : la modification de la charte de transition jugée inadéquate ; l’inéligibilité des membres du CMT aux futures élections générales ; l’organisation d’un dialogue national inclusif ; la mise en place d’un parlement de transition ».

Après analyse, la CPDC trouve que ces points majeurs n’ont pas été respectés par le CMT. En effet, la charte n’a pas connu des propos controversés tenus par le président du CMT dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, faisant planer le doute sur la volonté réelle des militaires de céder le pouvoir au bout du processus de transition.

Concernant le dialogue, la CPDC fait observer le caractère non paritaire de son comité d’organisation et dénonce l’utilisation de la ruse et du passage en force dans l’adoption des termes de référence du comité d’organisation du dialogue.

La CPDC s’insurge contre la mise en place par décret du Conseil National de transition, elle constate que le CNT a été constitué avant le dialogue. A l’instar de plusieurs observateurs de la scène politique, la CPDC relève le déséquilibre observé dans sa composition, la représentativité de certaines régions, sans tenir compte des poids démographiques.

Pour un organe qui aura pour rôle de voter des lois pour l’organisation des futures élections, il est à craindre que le même déséquilibre se reproduise dans le texte de répartition des futurs députés de la prochaine législature.

Selon le rapporteur de la CPDC, la coalition continue à s’interroger sur les critères ayant conduit au choix des membres du CNT. Malgré ses expériences et sa représentativité en termes de députés et de conseillers, aucun parti membre de la CPDC n’est représenté dans ledit conseil.

Ce qui rend de facto le processus de transition non inclusif. De tout ce qui précède, la CPDC affirme que sa participation au dialogue en est pas un acquis.

Elle demande à l’Union Africaine de faire une évaluation d’étape du processus de transition, à la lumière des résolutions du Conseil Paix et Sécurité, pour situer l’ensemble des acteurs avant le dialogue ; demande à l’Union Africaine de s’impliquer pour une modification de la charte afin de la rendre conforme aux normes, aux usages en la matière et aux engagements pris; demande notamment la confirmation de l’inéligibilité des membres du CMT et des acteurs majeurs de la transition dans la nouvelle charte pour rassurer tous les acteurs politiques et sociaux; demande à l’Union Africaine de s’impliquer pour que le dialogue à venir soit véritablement inclusif et que ses résolutions soient véritablement consensuelles et exécutoires.

À cet effet, la CPDC estime que la mise en place du CNT, par ailleurs controversé, est inopportune ; la coalition demande l’annulation du décret instituant le CNT et plaide pour un parlement consensuel et inclusif à la fin du dialogue, ce qui lui conférera plus de légitimité.

La CPDC dénonce les actes illégitimes contre la population ; il s’agit d’une part de violences physiques et verbales, des privations de libertés et autres actes d’intimidation de la part du gouvernement à l’encontre des membres de la coalition Wakit Tamma, d’autre part de la désignation du bureau du CNT qui semble traduire une volonté de consacrer la continuité du règne catastrophique du MPS.

La CPDC estime que, le vote par acclamations de M. Haroun Kabadi montre à suffisance le caractère monochrome du CNT, plus soumis au pouvoir qu’une chambre d’enregistrement.

Au vu de l’allure que prend ainsi la transition, la CPDC tend la main à l’ensemble des forces vives pour une synergie d’actions afin d’arriver à un vrai dialogue national et à des élections transparentes.

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