Africa-Press – Tchad. Les centaines de milliers de Tchadiens qui ont fui la violence des groupes armés subissent la triple peine de l’exil, de la famine et du changement climatique.
Boudoumi est l’un des 23 000 exilés du camp d’Amma situé dans la province du lac Tchad. Il se rappelle précisement de ce matin du 23 mars 2021. L’octagénaire se rendait à la mosquée pour la première prière du jour quand des hommes armés ont pris d’assaut son village situé sur la presqu’île de Bohoma.
Devant lui, certains sont tombés, sans pouvoir jamais se relever. D’autres ont pris la fuite pour survivre. Boudoumi, amputé d’un bras à l’issue de six mois d’hospitalisation, fait partie de ces déplacés, un terme humanitaire qui peine à décrire le drame vécu par ces victimes d’un conflit asymétrique qui fait rage dans la région depuis 2015. Des groupes armés – Boko Haram et plus récemment l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) – y sèment la terreur et ont mis sur la route plus de 425 000 Tchadiens, originaires principalement des îles.
Pêcheurs, agriculteurs, éleveurs ont été contraints d’abandonner leurs terres fertiles pour se retrancher à l’est du lac dans l’un des 196 sites de déplacés. Ces survivants subissent la triple peine de l’exil, de la famine et des effets du changement climatique dans une zone en proie aux sécheresses répétées. Peu médiatisée, cette crise humanitaire est pourtant l’une des plus graves du continent africain.
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