La Manufacture des cigarettes du Tchad pourrait fermer ses portes d’ici fin novembre

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La Manufacture des cigarettes du Tchad pourrait fermer ses portes d’ici fin novembre
La Manufacture des cigarettes du Tchad pourrait fermer ses portes d’ici fin novembre

Africa-Press – Tchad. Pour des raisons de taxe imposée par l’État et jugée “exorbitante”, la Manufacture des cigarettes du Tchad (MCT), aurait décidé de fermer ses portes d’ici fin novembre.

L’information circule entre les murs de l’entreprise, mais n’a pas été rendue officielle. La Manufacture des cigarettes du Tchad (MCT), pourrait fermer ses portes d’ici fin novembre.

La direction technique fera l’annonce officielle dans quelques jours, informe un employé de l’entreprise qui souhaite garder l’anonymat. La MCT fait face à des difficultés relatives à son contrat avec le gouvernement tchadien: notamment le paiement de taxe.

“Le problème réel de la MCT est la taxe et on est pas traité de la même manière que nos concurrents. On n’a pas empêché l’importation mais il faudrait qu’on nous traite sur un pied d’égalité.

Si la MCT paie 10f par paquet à l’État, il faut que nos concurrents importateurs paient la même chose”, indique notre interlocuteur. La direction de l’entreprise productrice de cigarettes aurait jugé trop élevé la taxe qui lui a été imposée par l’État.

“On nous soumet à des taxes exorbitantes. La MCT paie 60 milliards par an en termes de taxe à l’État tchadien.

Sur un paquet de cigarette, la MCT paie 100 f CFA. Pour un conteneur de tabac, la MCT paie 35 millions”, renseigne-t-il. C’est en 2019 que la taxe a été augmentée vis-à-vis de l’entreprise.

Cela, pour réduire le taux de la consommation de cigarettes au pays. La MCT a alors augmenté le prix de ses produits pour faire face à cette situation : un bâton de cigarette (Fine) coûte 50f, 4 bâtons sont vendus à 150f CFA et le paquet entre 700 et 800 f.

Auparavant, un bâton coûtait 25 f, et un paquet était fixé à 425 CFA. Malgré la hausse du prix de ses produits, l’usine n’a pas constaté une embellie sur ses finances.

La direction technique a mis sur pied un comité de crise en 2020. “Nous étions allés voir les autorités afin d’engager des pourparlers. Mais nos démarches n’ont pas abouti au résultat escompté”.

A ce jour, la MCT peine à écouler ses stocks. “Au début, on produisait 130 à 150 mille produits par an. Quelquefois, la demande partait au-delà de la production.

Quand le problème était arrivé, la vente a chuté. On enregistrait moins de clients. Même pour produire 25 mille paquet par mois c’était difficile”. Face à cette crise, “les bailleurs et partenaires ont décidé qu’il faut fermer l’entreprise”.

Nous avons tenté d’avoir l’avis du directeur technique de ladite entreprise, mais ce dernier nous a fait comprendre qu’il ne souhaite pas s’exprimer sur la question pour le moment.

Le sort du personnel  Avant cette crise, la MCT embauchait environ 130 employés. Quand la crise est survenue, elle a compressé le personnel à une trentaine avec l’espoir de continuer à tenir sur le marché.

Finalement, la direction technique aurait informé son personnel qu’elle fermera les portes fin novembre. Quelques employés ont déclaré avoir signé la fiche de départ que la direction technique a mise à leur disposition.

Pour avoir travaillé et prouvé sa compétence, les directions technique et générale n’ont pas voulu mettre le personnel au chômage. “Elles ont demandé aux entreprises françaises du Tchad de recruter le personnel”, nous indique notre source.

La Manufacture des cigarettes du Tchad (MCT), filiale d’Impérial Brands, créée le 9 mai 1968, est une entreprise de fabrication et de commercialisation de cigarettes. Le siège social de l’entreprise est basé à N’Djaména et son usine est à Moundou, dans au sud du pays.

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