Africa-Press – Tchad. Le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration a organisé ce mercredi 25 février un atelier de réflexion réunissant des acteurs clés de l’administration tchadienne autour d’une problématique à la fois « technique et profondément humaine »: la modernisation du système d’état civil et l’accès aux jugements supplétifs.
Cet événement, réalisé en collaboration avec l’UNICEF, vise à jeter les bases d’une interconnexion entre les Tribunaux de Grande Instance (TGI) et le Registre National Biométrique des Populations (RNBP).
Dans son discours, le secrétaire général du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Goundoul Vikama, a rappelé l’enjeu fondamental de cette réforme: « Tout enfant né au Tchad n’est pas reconnu officiellement ». Il a comparé l’absence d’acte de naissance à l’achat d’un appareil sans facture, soulignant que sans ce document, un enfant reste invisible aux yeux de l’État.
Pour remédier à cette situation, Goundoul Vikama a plaidé pour une implication accrue des autorités traditionnelles. Sa proposition phare consiste à doter chaque village d’un registre d’enregistrement des naissances et des décès, avec l’obligation pour le chef de village de le tenir à jour et de le transmettre mensuellement aux services compétents. « C’est seulement ainsi qu’au bout de cinq ans, on ne parlera plus d’un enfant qui n’a pas son acte de naissance », a-t-il affirmé, lançant un appel solennel à l’UNICEF pour soutenir cette initiative.
Prenant ensuite la parole, le représentant du ministre de la Sécurité publique, Benguela Guidijngar, secrétaire général du ministère, a insisté sur la dimension humaine du sujet. « L’acte de naissance est bien plus qu’un simple document administratif. C’est le premier droit de l’homme », a-t-il déclaré, rappelant qu’il ouvre la porte à l’éducation, aux soins, au travail et à la citoyenneté.
Le représentant du ministère a également situé les réflexions de l’atelier dans le cadre des réformes entreprises par le Tchad, notamment la création de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS) en 2016 et la réorganisation de l’état civil en 2020. Dans un monde globalisé, a-t-il expliqué, les États doivent construire des écosystèmes d’identification interopérables pour garantir les droits fondamentaux de chaque citoyen.
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