Tchad: L’Opposition Dénonce un Recul Démocratique

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Tchad: L’Opposition Dénonce un Recul Démocratique
Tchad: L’Opposition Dénonce un Recul Démocratique

Africa-Press – Tchad. La question de la condamnation à huit ans de prison de huit leaders de l’alliance d’opposition tchadienne connue sous le nom de « Groupe de concertation entre acteurs politiques » (GCAP), prononcée le vendredi 8 mai, suscite une large vague de colère au sein des milieux politiques et des droits de l’homme au Tchad, avec des avertissements concernant le recul des libertés et le resserrement de l’étau sur les voix dissidentes.

Un certain nombre de dirigeants de l’opposition ont exprimé leur inquiétude croissante concernant ce qu’ils qualifient de réduction de l’espace civil et démocratique dans le pays, considérant que le procès s’inscrit dans une série de mesures visant les opposants politiques et les activistes.

L’alliance « GCAP » avait annoncé plus tôt son retrait officiel de la vie politique, via une affiche accrochée devant son siège à N’Djamena le 31 octobre 2025, avant de fermer définitivement ses bureaux, une étape considérée par les observateurs comme un indicateur de la montée des tensions entre le pouvoir et l’opposition.

Alifa Younes Mohammed, coordinatrice du parti socialiste sans frontières en Europe, a déclaré que ce qui est arrivé aux leaders de l’alliance « ne peut être considéré comme de la justice ou un procès équitable », affirmant que les autorités tchadiennes mènent « une nouvelle campagne de répression contre toutes les voix dissidentes ».

Elle a ajouté que le pays « s’enfonce de plus en plus dans une dictature pure où une seule idéologie est imposée par la peur et la répression », soulignant que la justice est devenue, selon ses mots, « un outil de manipulation politique contre les opposants et ceux appelant au changement démocratique ».

La dirigeante de l’opposition a également lié ces développements à une série d’événements antérieurs, notamment le meurtre de l’opposant Yahya Dilo lors d’une opération militaire ciblant le siège de son parti en 2024, ainsi que la présence en exil du secrétaire général du parti, Robert Gam, après des mois de détention dans l’isolement.

De son côté, Albert Bahimi Padacké, leader de l’opposition parlementaire et président du rassemblement national des démocrates tchadiens, a déclaré qu’il n’était pas surpris par le verdict du procès, considérant que le parti au pouvoir « Mouvement de salut national » poursuit depuis l’établissement de la cinquième république une politique de répression à l’égard de l’opposition.

L’ancien Premier ministre a ajouté que le pays connaît « une course effrénée vers l’imposition d’une seule idéologie », estimant que cela reflète « une tension au sein du pouvoir et un rétrécissement de sa base politique », tout en créant un climat de peur parmi les opposants. Padacké a reconnu, exprimant ses craintes d’être arrêté, qu’il serait « menteur » de dire qu’il ne ressent pas de peur.

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