
Le Syndicat des Médecins du Tchad (SYMET) a vivement réagi, ce jeudi 28 mai, à des déclarations attribuées au premier ministre Allah Maye Halina. Dans un communiqué, le bureau exécutif du SYMET exprime une vive préoccupation face à des propos qui, selon lui, porteraient une atteinte grave à l’honneur et à la dignité de l’ensemble du corps médical tchadien.
Le communiqué fait suite à des déclarations du chef du gouvernement qui, selon le syndicat, auraient évoqué des pratiques de demandes d’argent dans les structures sanitaires. Si le SYMET reconnaît que des dérives individuelles puissent exister dans tout corps professionnel, il rejette catégoriquement toute généralisation qui assimilerait la profession médicale à des pratiques contraires à l’éthique.
« Une telle approche contribue à jeter le discrédit sur des milliers de praticiens qui exercent avec intégrité, abnégation et dans des conditions souvent extrêmement difficiles« , peut-on lire dans le texte.
Le SYMET tient à rappeler le rôle précis du médecin dans la chaîne de soins. Il insiste sur la distinction fondamentale entre l’acte médical et la gestion administrative et financière.
« Le médecin n’est ni un collecteur d’argent ni un gestionnaire de médicaments, loin d’être encore un acteur de corruption institutionnalisée. Il est un professionnel de santé engagé dans une mission de service public. Il consulte, examine, pose un diagnostic et prescrit, et c’est tout. La gestion des ressources financières et des médicaments relève des circuits administratifs et pharmaceutiques des structures sanitaires, et non des médecins. »
Cette clarification vise à contrer l’image d’un médecin directement impliqué dans des transactions illicites, renvoyant la responsabilité des éventuels dysfonctionnements à d’autres maillons du système.
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Le syndicat en profite pour aborder un point sensible : la gratuité des soins. Affichée comme un principe de politique publique, sa mise en œuvre se heurte, selon le SYMET, à des difficultés majeures. Le manque de médicaments, de consommables, d’équipements et de financement dans de nombreuses structures sanitaires rend l’application de cette gratuité « particulièrement complexe ».
« Cette réalité ne peut être ignorée dans l’analyse des dysfonctionnements du système de santé« , prévient le SYMET, suggérant que les accusations de corruption pourraient masquer des problèmes structurels plus profonds.
Face à cette situation, le SYMET adopte une position ferme. Il condamne avec la plus grande fermeté toute déclaration qui généraliserait des comportements isolés, et exige le respect dû aux médecins tchadiens. Le syndicat réaffirme son engagement pour un système de santé intègre, performant et accessible à tous.
Enfin, il lance un appel aux autorités, les invitant à privilégier le dialogue et la concertation avec les représentants des médecins pour améliorer durablement les conditions de travail et la qualité des soins, plutôt que de recourir à des déclarations jugées stigmatisantes.