Africa-Press – Tchad. Montres connectées, patchs ou capteurs à glisser dans la literie… Depuis 2020 fleurissent sur le marché une multitude de dispositifs portables connectés promettant au tout-venant de détecter et suivre son apnée du sommeil. Des appareils qui viennent combler un besoin de suivi médical à domicile dans une pathologie sous-diagnostiquée qui concernerait plus de 3 millions de Français. Problème: les listes d’attente sont longues pour passer la polysomnographie, l’examen de référence, dont la complexité de l’appareillage impose de le réaliser à l’hôpital.
« Le patient a des électrodes sur la tête, à côté des paupières, au niveau des jambes, des capteurs devant la bouche, sous le nez, sur le doigt pour mesurer le taux d’oxygène, autour du thorax « , énumère la Dr Justine Frija, pneumologue à l’hôpital Bichat, à Paris. Les médecins disposent certes de quelques options portables – et remboursées – pour réaliser les premiers examens à domicile, comme la polygraphie ventilatoire, qui comporte moins de capteurs, ou la tonométrie artérielle de pouls, qui ressemble à un gros manchon relié à un boîtier fixé au bout du doigt, mais elles ne sont pas toujours adaptées aux situations particulières des patients, et tous les professionnels n’en sont pas équipés.
Des dispositifs connectés qui redoublent d’efforts pour démontrer leur fiabilité
Dans ce contexte, les dispositifs connectés redoublent d’efforts pour démontrer leur fiabilité au regard de l’incontournable polysomnographie. S’ils ont tous obtenu leur marquage CE, celui-ci ne garantit pas qu’ils ont été évalués avec des études solides. Certains, comme le Withings Sleep Analyzer (qui se glisse sous le matelas) ou le Sunrise (qui se colle sur le menton), ont démontré de bonnes performances par rapport à la polysomnographie.
« Ils doivent montrer au moins 80 % de concordance. Si vous voulez suivre vos apnées avec eux, pourquoi pas, mais la pertinence dans le parcours du patient est faible actuellement « , conclut Justine Frija. Et tous ces appareils connectés restent aux frais du patient. Aussi la pneumologue coordonne l’essai du dispositif Apneal, le premier à ne reposer que sur les capteurs déjà présents dans les smartphones, moyennant le chargement de l’application. Il suffit de fixer son smartphone sur la poitrine avant de dormir, la corrélation avec la polysomnographie dépassant les 90 %.
« L’objectif n’est pas de remplacer la polysomnographie, mais d’avoir un outil complémentaire, pour trier rapidement les patients et laisser la place à ceux qui ont vraiment une apnée du sommeil « , précise Justine Frija.
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