Africa-Press – Tchad. Les lamproies sont, avec les myxines, l’une des deux lignées vivantes d’agnathes. Ce sont des vertébrés primitifs, sans mâchoire, dont les plus anciens fossiles remontent à 360 millions d’années. Mets fort apprécié au Moyen-Âge, les lamproies sont toujours dégustées dans quelques régions d’Europe. Elles-mêmes ont un mode d’alimentation très particulier : à l’âge adulte, ce sont des ectoparasites hématophages qui se fixent sur leurs proies et aspirent leur sang et d’autres sécrétions corporelles.
Un appareil buccal complexe
Pour s’accrocher à leurs victimes, les lamproies modernes disposent d’une bouche ronde en forme d’entonnoir qui fait office de ventouse et qui est équipée de dents formées de kératine. Cet appareil buccal est absent chez les spécimens les plus anciens mais le manque de données dans le registre fossile fait que les scientifiques ignorent à quelle période du passé les lamproies l’ont adopté.
Une nouvelle découverte, faite par des chercheurs de l’Académie Chinoise des Sciences, vient répondre, en partie, à cette interrogation. Ce sont d’ailleurs deux nouveaux spécimens qui ont été extirpés du site de Yanliao, dans le nord-est de la Chine, qui a déjà livré de nombreux fossiles de dinosaures, de ptérosaures et de vertébrés terrestres. Tous sont datés du milieu à la fin du Jurassique (il y a 165 à 150 millions d’années).

Origine dans l’hémisphère Sud
Les deux fossiles représentent deux animaux remarquables par leur longueur (pour cette période) : environ une soixantaine de centimètres. L’espèce fossile la plus longue a été nommée Yanliaomyzon occisor et l’autre Yanliaomyzon ingensdentes. Leur bouche et leurs structures dentaires sont très bien conservées chez les deux spécimens.
Leur analyse, qui fait l’objet d’une publication dans la revue Nature Communications, indique que les deux avaient déjà des pièces buccales proches de celles des lamproies modernes et qu’elles devaient probablement se nourrir de la chair d’autres poissons. C’étaient donc des prédateurs du Jurassique.

Des analyses complémentaires suggèrent également que les lamproies modernes sont probablement originaires de l’hémisphère Sud plutôt que de l’hémisphère Nord, notent les auteurs. En effet, le disque oral des deux spécimens est davantage ressemblant à celui des lamproies à bouche large retrouvées dans les eaux proches de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Chili et de l’Argentine.
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