Femelles Rennes Avec Bois: Une Hypothèse Étonnante

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Femelles Rennes Avec Bois: Une Hypothèse Étonnante
Femelles Rennes Avec Bois: Une Hypothèse Étonnante

Africa-Press – Tchad. Les femelles rennes ont bien sûr plusieurs particularités, mais l’une est plus visible que les autres: elles portent des bois, une exception chez les cervidés. Les biologistes se sont longtemps demandés pourquoi. Des chercheurs américains avancent maintenant une nouvelle hypothèse intéressante: ces bois permettraient de favoriser la survie de la progéniture en apportant à sa mère des minéraux quand son organisme est soumis à rude épreuve. Les bois qu’elle porte constitueraient une précieuse réserve de nutriments, transportable aisément.

Les trois chercheurs à l’origine de cette hypothèse se sont intéressés aux os de différents animaux et aux bois de femelles rennes trouvés sur le sol d’une aire de mise bas, située dans le refuge faunique national de l’Arctique, en Alaska. Ils ont observé les traces laissées par les dents des carnivores, des rongeurs et des rennes. Et là, surprise: si 86,4% des bois tombés présentaient bien de telles traces, les responsables n’étaient pas ceux que les chercheurs pensaient.

À 99%, ces modifications étaient dues aux rennes eux-mêmes. Les rongeurs n’étaient responsables que de 3,5 % des cas et les carnivores ne touchaient même pas aux bois tombés. « Nous savions que des animaux rongeaient ces bois, mais tout le monde supposait qu’il s’agissait principalement de rongeurs. Maintenant, nous savons qu’il s’agit en réalité de caribous (l’autre appellation des rennes, ndlr). J’en suis resté bouche bée lorsque nos résultats ont commencé à se préciser », remarque dans un communiqué Joshua Miller, co-auteur d’une étude sur le sujet parue le 24 février 2026 dans la revue Ecology and Evolution. À l’inverse, les caribous touchaient peu aux os squelettiques (12,1%) par rapport aux carnivores (91,9%).

Des minéraux qui favorisent la production de lait

Les rennes mordillent donc leurs bois tombés. Mais une autre information a mis la puce à l’oreille des chercheurs: « chez les populations migratrices, les femelles perdent leurs bois après avoir atteint leurs aires de mise bas, quelques jours seulement après avoir donné naissance à leurs petits », relatent-ils dans la nouvelle étude.

Pour eux, la consommation des bois fournirait aux femelles du phosphore et du calcium, des éléments nécessaires à la production de lait, au développement de leurs nouveaux bois et à la reconstitution de leurs masses musculaires et osseuses perdues durant la migration de 4000 km qu’elles réalisent chaque année. À noter que le calcium présent dans les bois est davantage biodisponible que celui qui se trouve dans les os squelettiques, d’où leur préférence pour ces appendices.

Une accumulation de bois sur le site de mise bas

Les avantages apportés par cette ressource pourraient donc expliquer la synchronicité entre la mise bas et la chute des bois. Cette consommation « a pu contribué à l’évolution et au maintien des bois chez les femelles rennes, ainsi qu’à leurs cycles de perte particuliers », avancent les chercheurs.

En outre, les femelles ne grignotant pas l’intégralité des bois tombés chaque année, une accumulation sur le site de mise bas (102 –103 bois par km2 selon une étude parue en 2013) pourrait constituer un réservoir de minéraux, expliquant leur fidélité à cette zone en particulier pour donner naissance. En effet, le climat arctique permet aux bois de persister durant des siècles voire des millénaires. Toutes ces données mises bout à bout offrent donc une élégante explication au maintien des bois chez les femelles caribous.

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