Africa-Press – Tchad. À quoi ressemblait la vie sur Terre il y a 140.000 ans ? « L’identification des pollens contenus dans les strates des sédiments marins permet aux palynologues (spécialistes du pollen, ndlr) de reconstituer parfaitement les écosystèmes du passé », explique Sébastien Zaragosi, sédimentologue à l’Université de Bordeaux. Un travail fastidieux : « Sur une zone d’études, on va prélever en moyenne 20 carottes de 50 mètres par forage sous-marin, en utilisant un carottier de 7 tonnes. »
Une reconstruction de la végétation de la vallée de la Loire
La paléoclimatologue Maria Sanchez Goni, professeure à l’Université de Bordeaux, a étudié un enregistrement des 140.000 dernières années, prélevé par 4.000 mètres de fond dans le golfe de Gascogne, à 200 kilomètres des côtes françaises. Les pollens sont extraits du sédiment à l’aide d’acide chlorhydrique et fixés sur des lames pour être observés au microscope. Elle a pu reconstituer la végétation de la vallée de la Loire, dont les pollens ont été apportés au large par les alluvions. « Il y avait là une forêt tempérée semblable à celle d’aujourd’hui, avec des chênes, des noisetiers, des tilleuls. »
« De nombreuses productions du Giec sont basées sur ces données »
L’étude des pollens livre également des informations indispensables à la compréhension de l’évolution des climats. « On peut remonter sur deux millions d’années, précise Sébastien Zaragosi. De nombreuses productions du Giec sont basées sur ces données, en parallèle de
celles issues de la fonte du permafrost. »
Ainsi, cet enregistrement permet de reconstituer la température et les précipitations de l’époque et confirme la présence d’un climat tempéré. L’analyse, commencée en 2005, n’est pas encore terminée. À raison d’un centimètre par jour, il faut compter pas moins de deux ans pour traiter l’information d’une seule colonne.
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