La poussière de silicate fatale aux dinosaures ?

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La poussière de silicate fatale aux dinosaures ?
La poussière de silicate fatale aux dinosaures ?

Africa-Press – Tchad. Le scénario de la fin des dinosaures non aviens, et avec eux d’une partie des espèces terrestres et marines il y a 66 millions d’années, est maintenant très bien documenté. Presque minute par minute grâce à la découverte de fossiles datant du jour où un astéroïde de près de 10 à 15 km de diamètre a frappé la Terre au niveau de la péninsule du Yucatán au Mexique.

L’impact a engendré une série de catastrophes qui se sont révélées fatales dans un monde déjà probablement affaibli par un volcanisme intensif en provenance des Trapps du Deccan qui durait depuis près 300.000 années. Les deux ont probablement projeté une grande quantité d’aérosols en suspension dans l’atmosphère. Mais quel type de poussières a eu le plus d’effets ? Une étude parue dans la revue Nature Geoscience tente de l’établir.

Le rôle des silicates

Des recherches antérieures ont suggéré que le soufre libéré lors de l’impact (ainsi que par les volcans) et la suie provenant des gigantesques incendies de forêt qui ont suivi constituaient les principaux facteurs responsables d’un « hiver nucléaire ». Mais la taille des particules de silicate éjectées dans l’atmosphère n’avait pas été considérée comme un facteur important.

Pour évaluer le rôle du soufre, de la suie et des silicates sur le climat post-impact, Cem Berk Senel, de l’Observatoire Royal de Belgique, et ses collègues ont réalisé des simulations paléoclimatiques basées sur une analyse des sphérules déposées sur le gisement d’impact du site de Tanis (voir encadré ci-dessous), dans le Dakota du Nord.

Ils ont ainsi constaté que la distribution granulométrique des débris de silicate (mesurant de 0,8 à 8,0 micromètres) révélait une contribution de la poussière fine plus importante que ce qui était estimé auparavant.

Le site de Tanis, une capsule temporelle

Ce site constitue pour les géologues et les biologistes une véritable armoire à secrets, bien gardée puisque sa localisation exacte n’a jamais été dévoilée au grand public. L’emplacement représente en effet une gigantesque capsule temporelle qui a enregistré les évènements ayant eu lieu dans les minutes et les heures après l’impact de l’astéroïde dont la taille a généré des effets sur des zones très éloignées.

Et surtout, grâce aux fouilles qui y sont menées, les scientifiques ont maintenant la possibilité de « lire » cet enregistrement et d’en tirer des conclusions. Aucun autre endroit sur Terre n’a livré de telles informations à propos de cette catastrophe qui a marqué le début de l’essor des mammifères dont la descendance mènera à l’humain.

15 ans dans l’atmosphère

En ajoutant ces informations dans leur modèle climatique, les chercheurs ont constaté que ces fines poussières de silicate pouvaient rester en suspension dans l’atmosphère durant une quinzaine d’années et qu’elles auraient pu contribuer de façon importante à la chute des températures mondiales qui, dans ce scénario, atteignent 15 degrés.

Les auteurs suggèrent aussi que le voile formé par ces poussières – mais également par les cendres et le soufre – a bloqué le rayonnement solaire pendant près de deux ans ce qui a interrompu la photosynthèse et provoqué un effondrement catastrophique de la productivité primaire, déclenchant alors une réaction en chaîne d’extinctions.

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