Africa-Press – Togo. Il nous protégerait de la grippe, du rhume, du Covid-19 et de toutes les maladies respiratoires. Un nouveau vaccin, administré sous forme de spray, semble montrer des preuves probantes dans la revue Science. Administré à la souris pour le moment, le vaccin a montré une protection d’au moins trois mois sur de multiples virus, bactéries et même contre les allergènes respiratoires. Si ces résultats venaient à s’appliquer à l’humain, il s’agirait du premier vaccin universel disponible pour se protéger des épidémies chaque hiver.
Jusqu’à présent, les vaccins sont formulés de façon à ce que l’organisme n’apprenne à se défendre que contre une seule infection. Un principe mis au point par l’Anglais Edward Jenner au 19e siècle. Considéré comme le père de l’immunologie, c’est lui qui a mis au point le premier vaccin de l’histoire, celui contre la variole. Le principe est simple: en administrant une partie inoffensive du virus ou de la bactérie, le système immunitaire stimule la production d’anticorps et crée des « cellules mémoire » contre la maladie. En cas d’exposition réelle, l’organisme peut alors enclencher une réaction rapide et efficace.
Le spray nasal, plus fort qu’un vaccin intramusculaire
Cette fois, l’équipe de Stanford a complètement inversé son raisonnement. Les scientifiques ne font pas le pari d’entraîner le système immunitaire contre toutes les maladies hivernales en une fois. Mais ils concentrent leurs efforts sur la façon dont les cellules immunitaires communiquent entre elles. « Le système immunitaire acquis est bien plus ancien d’un point de vue évolutif », explique à Sciences et Avenir le Pr Bali Pulendran, spécialisé en immunologie à l’Université de Stanford et co-auteur de ces travaux. « Il est constitué de macrophages, de cellules dendritiques, de neutrophiles (tous des globules blancs, ndlr)… Tous fournissent une protection rapide et large contre différents microbes. Toutefois, cette réponse immunitaire est en général très courte: elle s’estompe au bout de quelques jours, voire au bout de trois semaines maximum. »
Pour contourner le problème, l’équipe a cherché à activer le système immunitaire directement dans les poumons. Or pour atteindre cet organe, le meilleur chemin reste encore de passer… par le nez. D’où l’idée d’un spray nasal. « Il est crucial de passer par la voie intranasale. Elle nous permet de cibler directement le système immunitaire des voies aériennes et entraîne une immunité forte et localisée. Un résultat qu’on n’aurait pas pu obtenir en passant par une injection intramusculaire plus conventionnelle », poursuit le Pr Pulendran. Car le système immunitaire inné est comme « programmé » par chacun de nos tissus – et non par un agent pathogène global. Ainsi, une fois arrivé dans les poumons, le vaccin réussit à maintenir un état immunitaire localisé: les globules blancs, les macrophages, en état d’alerte permanent. En stimulant les macrophages, neutrophiles et cellules dendritiques mentionnés précédemment, il permet de générer une réponse adaptative dans le poumon, qui s’applique à de nombreux virus et bactéries respiratoires différents.
Efficace même contre les acariens
Concrètement, ce spray nasal est composé de trois éléments principaux. Deux molécules permettant de stimuler les macrophages ainsi que d’autres cellules immunitaires dans les poumons. Ajouté à cela, un troisième composant active les lymphocytes T du système adaptatif. Ces derniers ont pour mission de maintenir le système immunitaire inné éveillé plus longtemps que la normale. Après quatre doses de spray nasal, les souris ont montré une immunité contre les coronavirus dont le Covid-19, aux bactéries causant des infections respiratoires. Elles ont aussi perdu leur hypersensibilité aux acariens.
Mais au-delà de ce tour de force, comment le vaccin peut-il aussi diminuer les réactions allergiques? « Les infections respiratoires et les allergies impliquent des réponses immunitaires dans les mêmes tissus des poumons », rappelle le chercheur. C’est ainsi que le spray nasal a aussi permis de supprimer un état d’inflammation allergique pathologique, tout en protégeant des maladies respiratoires.
Avant de se réjouir trop vite, reste maintenant à retrouver la même réaction chez les humains. Chez la souris, cette protection pouvait durer jusqu’à plusieurs mois, « une fraction importante de la vie de l’animal. » Ce résultat laisse espérer que l’immunité chez l’humain durerait plus longtemps encore « et que des boosters réguliers ne seraient pas nécessaires. » Une question à laquelle il n’existe aucune réponse, avant les résultats d’un essai clinique grandeur nature.





