Témoignages d’Abdoul Aziz Goma sur la prison de Lomé

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Témoignages d'Abdoul Aziz Goma sur la prison de Lomé
Témoignages d'Abdoul Aziz Goma sur la prison de Lomé

Africa-Press – Togo. Abdoul Aziz Goma poursuit les témoignages sur ses conditions de détention dans l’enfer de la prison civile de Lomé, deux mois après sa libération par une grâce présidentielle. Pour rappel, il avait passé 8 années dans les geôles de la dictature où il en sorti gravement malade, avec la perte de l’usage de ses pieds.

Après la 61e session du Conseil des droits humains des Nations Unies à Genève, le citoyen irlandais d’origine togolaise, s’est également livré sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Là aussi le témoignage n’a pas changé.

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« À la prison civile de Lomé, j’ai appris ce que signifiait ne plus être un être humain », a confié M. Goma à RFI. Selon lui, une prison construite pour 600 personnes accueillait plus de 3 000 pensionnaires. Les conditions de détention étaient insoutenables. « Nous dormions à même le sol, entassés dans la chaleur, dans les excréments, dans l’odeur de maladie. Parfois nous mangions une fois par jour, parfois rien du tout. Beaucoup de détenus survivaient grâce à l’aide extérieure ».

Aziz Goma a également décrit les carences médicales et la souffrance quotidienne des prisonniers. « J’ai vu beaucoup de prisonniers supplier pour un médicament, une injection, un médecin. J’ai vu des hommes s’éteindre lentement, non pas parce qu’ils étaient incurables, mais parce qu’ils étaient abandonnés ».

Il a dénoncé les lenteurs judiciaires qui prolongent la détention de manière injustifiée. « Après plus de six ans de détention, mon procès n’a eu lieu que les 3 et 4 février 2025. Un procès tardif qui ne répare rien, qui n’excuse ni la torture, ni les violations répétées de mes droits ».

Abdul Aziz Goma a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants, notamment tortures physiques et psychologiques, incluant des coups sur la plante des pieds et des tortures électriques. « Aujourd’hui, je me déplace à l’aide de béquilles. J’ai perdu l’usage de mes pieds. J’ai passé 19 mois en isolement total, 24h/24, sans contact humain, sans information, sans mobilité. Ce n’était pas une mesure de sécurité, c’était une torture prolongée », a-t-il expliqué.

Malgré ces épreuves, M. Goma affirme que son engagement pour la défense des droits humains reste intact. « Physiquement et psychologiquement, les séquelles demeurent. Mais si la détention visait à me réduire au silence, elle n’a fait que renforcer ma conviction que la défense des droits fondamentaux est indispensable ».

Sur le plateau de TV5 Monde, Aziz Goma est également revenu sur les circonstances de son arrestation en décembre 2018. « Le 21 décembre 2018, j’étais sorti pour un dîner avec une amie, que je devais déposer. Aux environs de 23 H00, en pleine circulation, nous avons été attaqués par un groupe de personnes en tenue civile, sans question, sans base légale, et sans se présenter, ils nous ont menottés sur le champ, ils nous ont jetés dans leur voiture, comme des animaux », a-t-il raconté.

Il poursuit: « J’ai été emmené au Service central de l’investigation et de recherche criminelle. J’étais attaché contre un arbre, avec des coups de matraques, des coups de pieds. Après ils m’ont attaché à la roue d’une voiture. Les traitements cruels et inhumains ont ainsi continué jusqu’à que je vomisse du sang. Jusque-là, je ne savais pas la raison pour laquelle on nous avait arrêtés. »

Lors de son intervention à la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, il a également appelé la communauté internationale à rester vigilante face aux violations des droits humains au Togo.

Abdoul Aziz Goma avait été condamné l’année dernière à 10 ans de prison, mais sa détention a été reconnue arbitraire par le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire en 2023. Il a été libéré en janvier dans le cadre d’une grâce présidentielle,

Joël D.

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