Moscou Ne Protégera Pas L’AES Comme Caracas

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Moscou Ne Protégera Pas L'AES Comme Caracas
Moscou Ne Protégera Pas L'AES Comme Caracas

Africa-Press – Togo. Le précédent Maduro: avertissement brutal pour l’AES

Il faut arrêter de se raconter des histoires.

La géopolitique n’est pas un conte africain où les puissances étrangères deviennent des oncles protecteurs.

La géopolitique est une mécanique froide, brutale, indifférente aux illusions des peuples.

Et dans cette mécanique, le cas Maduro n’est pas un épisode latino‐américain:

c’est un signal d’alarme qui hurle en direction du Sahel.

Si Moscou n’a pas protégé Caracas, elle ne protégera pas l’AES.

Point final.

Tout le reste est rhétorique.

1. Le Venezuela: la preuve que les “alliances” ne protègent pas

Pendant vingt ans, Caracas a cru être sous un bouclier.

On a vu des photos, des poignées de main, des discours de fraternité stratégique.

On a vu des avions, des conseillers, des systèmes d’armes.

On a vu l’apparence de la protection.

Mais le jour où Washington a décidé d’agir,

le bouclier s’est évaporé.

Pas un soldat russe.

Pas un navire.

Pas un geste qui change le rapport de force.

La Russie a parlé.

Elle n’a pas protégé.

Voilà la vérité nue.

Voilà la vérité que personne ne veut regarder en face.

2. L’AES: un autre décor, la même loi

Le Sahel croit parfois avoir trouvé un nouveau parrain.

Un parrain plus lointain, plus discret, plus flatteur.

Un parrain qui parle de souveraineté, de dignité, de partenariat d’égal à égal.

Mais la Russie n’est pas un parrain.

La Russie est une puissance.

Et une puissance ne protège jamais gratuitement.

Jamais jusqu’au bout.

Jamais contre un adversaire plus fort qu’elle sur un théâtre secondaire.

Le Sahel n’est pas un enjeu vital pour Moscou.

C’est un terrain d’opportunité.

Un espace où l’on avance parce que d’autres reculent.

Un espace où l’on s’installe parce que cela coûte peu et rapporte beaucoup.

Mais un espace pour lequel on ne meurt pas.

3. La loi des puissances: personne ne meurt pour vous

Il faut dire les choses sans anesthésie:

a) La Russie n’a pas la capacité de projeter une armée pour défendre l’AES

Elle peut envoyer des instructeurs.

Elle ne peut pas affronter une coalition occidentale à 5 000 km de Moscou.

b) Le Sahel n’est pas un front existentiel pour Moscou

C’est un dossier.

Pas une priorité.

Encore moins une ligne rouge.

c) Aucun empire ne sacrifie son sang pour un partenaire périphérique

Ni hier.

Ni aujourd’hui.

Ni demain.

C’est une loi.

Et les lois ne se négocient pas.

4. L’AES n’a qu’une seule voie: exister par elle‐même

La survie de l’AES ne dépend pas d’un protecteur.

Elle dépend d’une architecture interne solide, cohérente, assumée:

• sécuriser le territoire,

• construire une légitimité qui ne repose pas sur la colère mais sur un projet,

• diversifier les alliances sans se livrer à une nouvelle dépendance,

• comprendre que la souveraineté n’est pas un slogan mais une discipline.

La Russie peut aider.

Elle ne sauvera pas.

La France peut partir.

Elle ne reviendra pas protéger.

Les États‐Unis peuvent surveiller.

Ils n’interviendront pas pour stabiliser.

L’AES n’a que l’AES.

5. Le précédent Maduro: miroir impitoyable

Le cas Maduro n’est pas un accident.

C’est un miroir.

Un miroir qui dit au Sahel:

Ne confondez jamais soutien et protection.

Ne confondez jamais coopération et garantie.

Ne confondez jamais un partenaire et un tuteur.

Si l’AES veut durer,

elle devra apprendre à tenir debout sans béquille étrangère.

Elle devra apprendre à dire non sans attendre qu’un empire dise oui.

Elle devra apprendre que la souveraineté n’est pas un cadeau:

c’est une conquête.

Et une conquête ne se délègue pas.

Olivier Blé

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