Africa-Press – Togo. La gouvernement de Togo a déclaré qu’elle dispose de « preuves graves et cohérentes » contre deux documentaristes français détenus depuis juillet pour des accusations de diffusion de fausses informations.
Gaël Muker et Sébastien Pérez Bizani, ainsi que leur assistant togolais Frédéric Vidomé, ont été arrêtés et les trois ont nié toute faute.
Dans sa première déclaration officielle concernant l’affaire, les ministères de la justice et de la sécurité ont accusé l’équipe de ne pas avoir les autorisations nécessaires pour le tournage.
Les trois hommes ont été arrêtés le 27 juillet alors qu’ils filmaient un documentaire de voyage pour une chaîne de télévision française dans le nord du pays.
Le gouvernement affirme que les documents officiels étaient au nom de Vidomé uniquement et ne les autorisaient pas à filmer dans les lieux qu’ils ont visités dans la région de Savanes et la préfecture de Pémé, où ils ont été retenus.
Ils ont également été accusés d’utiliser un drone « dont les spécifications n’avaient pas été préalablement déclarées ».
L’avocat des journalistes, Martial Akakpo, a déclaré à une source locale que ses clients nient toutes les accusations.
Selon l’organisation Reporters sans frontières (RSF), Muker et Vidomé sont toujours en détention préventive dans la capitale Lomé, tandis que Pérez Bizani a été placé en résidence surveillée plus tôt cette semaine.
L’organisation de défense des droits des médias a indiqué qu’il souffre de problèmes de santé graves et a besoin de soins médicaux urgents.
RSF a appelé à la libération des journalistes, qualifiant leur détention d' »injustifiée et disproportionnée », tandis que l’association de presse locale a exigé leur libération immédiate, avertissant que l’affaire pourrait nuire à la réputation internationale de Togo.
Le gouvernement a déclaré que l’affaire n’a rien à voir avec la nature éditoriale du contenu que l’équipe filmait et ne constitue pas une tentative de restreindre la liberté de la presse, mais concerne simplement l’application des procédures administratives.
Cette affaire est devenue politique et médiatique car elle survient dans un contexte déjà tendu entre Togo et les médias français. Les autorités togolaises avaient suspendu en juin 2025 les diffusions de France 24 et RFI pendant trois mois, les accusant de couvrir de manière biaisée les manifestations contre le président Faure Gnassingbé. De plus, le nord du Togo est une zone de sécurité sensible en raison des attaques de groupes armés venant de la région du Sahel.
Certaines parties du nord du pays sont en état d’urgence en raison des incursions de groupes extrémistes au cours des cinq dernières années, notamment en provenance du Burkina Faso voisin.
Les médias français ont également subi des pressions de la part du gouvernement togolais ces dernières années.
Radio France Internationale et France 24, qui appartient également à l’audiovisuel public français, restent suspendues au Togo après leur interruption en juin 2025 en raison d’accusations de manque de neutralité.





