Africa-Press – Togo. Réunis le 13 décembre à l’initiative de RAAL Diaspora, responsables politiques et acteurs de la société civile togolaise ont débattu de la crise persistante de la vie chère, qui pèse lourdement sur le quotidien des populations. Au terme des échanges, un consensus clair s’est dégagé: la résolution durable de cette crise dépend avant tout de l’action de l’État, à travers une gouvernance économique et sociale plus rigoureuse.
Prenant la parole, le Professeur Aimé Gogue, président de l’ADDI, a rappelé que la vie chère constitue aujourd’hui une préoccupation nationale majeure. Selon lui, deux leviers fondamentaux s’imposent: l’augmentation des revenus des citoyens et une meilleure gestion des finances publiques, notamment par la réduction des coûts et des dépenses superflues de l’État.
Il a plaidé pour une revalorisation substantielle des salaires, jugés très bas au Togo, une lutte accrue contre la corruption, ainsi qu’une gestion plus rigoureuse permettant la mise en place de subventions ciblées. Le professeur Gogue a également insisté sur la promotion de la concurrence afin d’offrir aux consommateurs des prix plus compétitifs, tout en soulignant l’importance d’investissements publics dans les infrastructures, dans un cadre de gouvernance économique et sociale assaini.
Dans la même dynamique, Daté, président du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), a affirmé sans détour que « celui qui a la clé de la vie chère, c’est l’État ». Il a rappelé les propositions formulées par son parti, notamment la suppression des frais de péage pour les taxis-motos, afin d’alléger les charges des travailleurs.
M. Daté a également dénoncé le décalage entre les salaires des Togolais et le coût réel de la vie, appelant à l’ouverture d’un dialogue national inclusif. Il s’est par ailleurs dit surpris de constater que le prix du gaz est inférieur au Burkina Faso qu’au Togo, alors même que ce pays n’exploite pas de ressources gazières, une situation qu’il juge révélatrice d’une mauvaise gestion des ressources publiques.
De son côté, Albert Kate a mis l’accent sur la dimension humaine des réformes. Pour lui, au-delà des solutions techniques, leur réussite repose sur la présence des bonnes personnes aux postes de décision et sur le soutien du peuple. Il a souligné que l’engagement citoyen, le sens du devoir et les sacrifices collectifs peuvent favoriser le développement du pays.
Dr Kate a ainsi proposé un modèle de co-gestion politique fondé sur le consensus, estimant qu’un tel climat de stabilité serait de nature à attirer les investisseurs, créer des emplois et réduire la misère.
Cette proposition n’a toutefois pas fait l’unanimité. Le professeur Aimé Gogue a exprimé de fortes réserves, rappelant les mauvaises expériences passées de collaboration entre l’opposition et le pouvoir. Selon lui, le système politique togolais repose davantage sur la compétition que sur le consensus, dans un contexte marqué par une administration fortement politisée et partisane, ce qui compromettrait l’efficacité d’une co-gestion.
À l’inverse, M. Daté a assumé la position du CAR, opposée au « dégagisme » défendu par une frange de l’opposition. Reconnaissant les promesses non tenues du passé, tant envers les militants que le peuple, il a estimé qu’un changement de méthode s’impose. Pour lui, même une opposition arrivée au pouvoir serait appelée à co-gérer avec les anciens gouvernants, devenus opposition, afin de limiter la corruption, combattre la vie chère et promouvoir l’excellence et la méritocratie.
Poursuivant sa réflexion, Dr Albert Kate a rappelé que les périodes de co-gestion ont historiquement coïncidé avec des moments de soulagement pour les citoyens et des avancées politiques notables. Interpellant l’opposition, il a posé la question centrale: « Qu’est-ce qui arrange mieux le peuple, être dehors ou dedans? »
Il a ainsi proposé une comparaison objective entre les bénéfices d’une opposition en dehors du gouvernement et ceux d’une opposition en co-gestion, afin d’identifier le modèle le plus avantageux pour les populations togolaises.





