Fréquence Étonnante Des Pétitions Quotidiennes

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Fréquence Étonnante Des Pétitions Quotidiennes
Fréquence Étonnante Des Pétitions Quotidiennes

Africa-Press – Cameroun. Le microbiote humain est un organe vivant et complexe, en évolution permanente et qui ne cesse jamais de fonctionner et de produire des métabolites. De jour comme de nuit. Or, très peu est connu sur cette production en temps réel et sur la façon dont notre diète influe sur nos bactéries. L’un des moyens d’en savoir plus sur cette activité serait de mesurer le volume de flatulences émises. Mais, il est actuellement impossible de documenter de manière objective et précise une telle production journalière.

Pour ce faire, des chercheurs de l’Université du Maryland (Etats-Unis) ont conçu un « slip intelligent » (« smart underwear »), un petit dispositif qui se clipse sur les sous-vêtements et mesure en continu les quantités d’hydrogène rejetées par la production bactérienne des intestins.

Une trentaine de pets au quotidien

Dix-neuf adultes en bonne santé ont expérimenté le procédé durant une moyenne de six jours. Les premiers résultats publiés dans la revue Biosensors and Bioelectronics: X ont montré que l’être humain flatule beaucoup plus que de précédentes études l’avaient indiqué. Car, ce type de mesures n’est pas évident à mener. Il s’appuyait alors sur des techniques beaucoup plus invasives menées sur un petit nombre de sujets et pour un temps limité durant la journée. Ou bien encore sur des questionnaires forcément parcellaires puisque reposant sur les témoignages des participants.

Or, deux personnes peuvent émettre la même quantité de gaz et le vivre différemment en fonction de leur sensibilité viscérale. En clair, on peut péter sans forcément sans apercevoir. De plus, ces travaux excluaient notamment les flatulences nocturnes et l’influence des rythmes circadiens. Ce qui fait que ces précédents résultats achoppaient sur une quinzaine de pets par jour. Le « slip intelligent » des chercheurs en a mesuré deux fois plus, 32 en moyenne. Le nombre s’étalant selon les individus, de 4 par jour jusqu’à un maximum de 59, soit 14 fois plus. Ce qui démontre l’extrême hétérogénéité du processus.

Une grosse flatulence a la contenance de deux canettes

Pour anecdotique et futile qu’elle semble être, l’expérience est importante car elle tend à caractériser plus précisément l’activité de nos bactéries intestinales. En effet, si l’identité de nos microbiotes et des différentes espèces de bactéries qui les peuplent est de mieux en mieux connue, elle n’offre qu’un instantané des populations en présence et ne dit rien de leurs comportements et de leurs activités. Pour savoir comment ces dernières influent sur notre santé, il est essentiel de disposer d’un suivi en continu afin d’évaluer précisément la fermentation de notre nourriture par le microbiote intestinal. Tout juste sait-on que le volume d’un pet peut grimper jusqu’à près de 70 centilitres, soit deux canettes de soda et que, s’il faut en croire une étude espagnole de 2012 parue dans la revue Gut microbiota, ce sont les flageolets qui produisent le plus de ferments et occasionnent donc un maximum de flatulences…

En outre, les pets ne sont pas uniquement l’expression de nos fermentations internes. Un quart d’entre eux résultent de l’aérophagie et du système sanguin.

De l’hydrogène, de l’azote, du méthane et du soufre

L’étude de l’équipe de l’Université du Maryland sera plus précise que toutes celles menées jusqu’à présent mais restera de toutes les manières partielle puisque ne prenant en compte que l’hydrogène alors qu’un pet contient également du dioxyde de carbone, de l’azote et parfois du méthane. Sans oublier les composés soufrés tels que le méthanethiol, le sulfure d’hydrogène et les diméthylsulfides, responsable des émissions malodorantes.

Pour en avoir une perception plus précise de nos émissions, le laboratoire vient de lancer un « Atlas des flatulences humaines » (Human Flatus Atlas). Réservé pour l’instant aux seuls Américains, le projet a pour but de recruter des centaines de participants afin de mieux caractériser leur production gazogène. En dehors des individus « normaux », deux groupes sont particulièrement ciblés. Les personnes consommant énormément de fibres et flatulant peu. Et les producteurs intensifs d’hydrogène, soit ceux qui pètent beaucoup. En plus des mesures effectués par les « smart underwear », les chercheurs collecteront les fèces afin d’analyser les microbiotes et croiser les résultats.

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