Africa-Press – Cameroun. Investir au Cameroun) – Selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), la dette intérieure de l’État du Cameroun (administration centrale uniquement) à fin mars 2023 s’élève à 3 046 milliards de FCFA. À en croire la même source, cette enveloppe en hausse de 5,6% en glissement annuel est à plus de 70% due aux banques commerciales et à certaines entreprises à capitaux publics, qui sont ainsi d’importants bailleurs de fonds pour l’État.
Au 31 mars 2023, révèle la CAA, les banques commerciales réclament à l’administration centrale camerounaise des créances d’un montant total de 383,5 milliards de FCFA. Il s’agit de crédits octroyés au gouvernement pour la réalisation de certains projets d’infrastructures, ou alors des rachats de dettes dues par l’État à certaines entités publiques et privées. Ici, le plus gros bailleur de fonds de l’État du Cameroun est la filiale locale du groupe ivoirien Banque Atlantique, dont l’encours de la créance sur l’État est de 211 milliards de FCFA à fin mars 2023. Cette enveloppe représente pratiquement trois fois celle du 2e financier de l’État, qui n’est autre que Société Générale Cameroun (67,8 milliards de FCFA).
Cependant, à côté des concours financiers directs accordés à l’administration publique, les banques commerciales contribuent également à oxygéner le Trésor public camerounais par le truchement du marché des titres publics de la Beac, où elles opèrent comme spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) ; ou encore le marché financier sous-régional (Bvmac), sur lequel elles jouent le rôle d’intermédiaires. Sur ces deux marchés, souligne la note de la CAA, ces établissements de crédit ont octroyé à l’État du Cameroun des financements d’un montant total de 1 560,6 milliards de FCFA à fin mars 2023, représentant 51,2% de la dette intérieure de l’État au cours de la période.
Apport des entreprises publiques
A priori, comme le souligne le Fonds monétaire internationale (FMI) dans une note d’analyse sur l’économie camerounaise, les entreprises publiques du pays produisent généralement de « piètres résultats ». Mais, il y en a qui sortent du lot et tirent souvent des chèques en faveur de l’État. D’autres sont simplement contraintes de fournir de la trésorerie à l’État parce que, généralement, le Trésor public accuse d’énormes retards dans le paiement de leurs factures, le déblocage de leurs subventions, le remboursement de leurs crédits d’impôt, etc.
En l’absence de la Société nationale des hydrocarbures (présentée comme la deuxième caisse de l’État en plus du Trésor public) du champ de comptabilisation de la dette publique retenue par la CAA, c’est la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), le fonds public de pension, qui apparaît comme l’entreprise publique la plus pourvoyeuse de concours financiers à l’État à fin mars 2023. Avec une créance de 132,2 milliards de FCA sur la période. Y figurent également la Société immobilière du Cameroun (31,4 milliards de FCFA), la Société nationale de transport de l’électricité (24 milliards de FCFA), ou encore la Cameroon Télécommunications (23 milliards de FCFA) …
Brice R. Mbodiam
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