
Africa-Press – Cameroun. Investir au Cameroun) – En se limitant à offrir aux investisseurs des taux d’intérêt moyens de 4,7% sur ses bons du Trésor assimilables (BTA) et de 5,8% sur ses obligations du Trésor assimilables (OTA), au mois de juin 2023, le Cameroun reste le pays qui s’endette le moins cher sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), l’institut d’émission commun aux six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale). En effet, malgré la hausse de 0,47 point du coût global des ressources mobilisées par les États sur ce marché en juin 2023, passant de 7,03% à 7,55% en glissement mensuel, le Trésor public camerounais a, par exemple, pratiqué la moitié des taux d’intérêt offerts aux investisseurs par le Tchad et la RCA sur les OTA.
Dans le détail, alors que ces deux pays ont aguiché les investisseurs avec des taux d’intérêt respectifs de 11,6% et 11,4% sur les titres de longues maturités, le Cameroun, lui, offrait seulement 5,8% aux investisseurs, selon les données compilées par la banque centrale dans son Bulletin mensuel des statistiques du marché des valeurs du Trésor du mois de juin 2023. De ce point de vue, le Trésor camerounais reste en dessous de 6% sur ses OTA (contre 9,2% pour le Congo et 8,26% pour le Gabon), comme il est de coutume depuis plusieurs années, en dépit d’une conjoncture marquée ces derniers mois par la hausse des coûts des ressources financières sur le marché sous-régional des capitaux. Cette augmentation des coûts est elle-même consécutive à la politique monétaire d’austérité mise en place par la Beac pour combattre l’inflation.
Sur les BTA, qui sont des titres dont la maturité ne dépasse pas un an, le tableau est encore plus reluisant, malgré la revalorisation par le Cameroun de son seuil de taux d’intérêt de 3% pratiqué auparavant. Selon les données de la Beac, du fait des conditions du marché devenues difficiles, le Cameroun a offert un taux d’intérêt moyen de 4,7% aux investisseurs au cours du mois de juin 2023. Sur les mêmes titres, le Tchad rémunérait les investisseurs à 7,1%, contre 6,51% pour le Congo et 6,32% pour le Gabon. L’on peut observer que de tous ces pays, le Cameroun est le seul, avec le Gabon (6,3%), à être resté en dessous du coût moyen global du marché (6,49%) sur les titres de cette catégorie.
Cette politique de prudence sur les taux d’intérêt consentis aux investisseurs, dans un contexte d’augmentation des coûts sur le marché, a freiné l’élan des investisseurs autour des titres du Cameroun depuis le début de l’année 2023. En effet, alors que ses titres étaient jadis courus, avec des taux de souscription atteignant souvent 600%, le Cameroun ne cesse d’aligner des insuccès lors de ses opérations d’émission de titres sur le marché de la Beac, depuis janvier 2023. Seules quelques opérations ont été couronnées de succès, avec de surcroît des souscriptions limitées au volume des financements recherchés.
Au demeurant, en dépit de la rigidité de sa politique des coûts sur le marché des titres publics, réalité d’ailleurs sanctionnée par les investisseurs ces derniers mois, le Cameroun demeure le pays le plus solvable du marché. En effet, selon les données du ministère des Finances, depuis novembre 2011, date de lancement du marché des titres publics de la Beac, le Trésor public camerounais y a effectué des remboursements de plus de 3 000 milliards de FCFA, sans un seul défaut de paiement. Ce qui en fait un partenaire fiable pour les investisseurs.
Brice R. Mbodiam
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