Africa-Press – Cameroun. Le chef des Forces de défense de l’Ambazonie fait face à de nouvelles accusations devant la justice norvégienne
La justice norvégienne a franchi une nouvelle étape dans la procédure judiciaire visant Lucas Cho Ayaba, figure de proue du mouvement séparatiste anglophone au Cameroun. Le dirigeant, détenu depuis septembre 2024, est désormais formellement inculpé de crimes de guerre, ont annoncé lundi les autorités norvégiennes et son conseil.
Lucas Cho Ayaba, qui préside le Conseil de gouvernement d’Ambazonie et commande les Forces de défense de l’Ambazonie (branche armée de l’un des principaux mouvements séparatistes dans les régions anglophones du Cameroun), avait initialement été arrêté pour incitation à commettre des crimes contre l’humanité. Les charges retenues contre lui viennent d’être élargies.
Dans un communiqué publié lundi, la Kripos, le service norvégien d’enquête criminelle, a indiqué qu’un homme d’une cinquantaine d’années, emprisonné depuis septembre dernier, était désormais poursuivi pour « crimes de guerre ». Sans le nommer directement, les autorités précisent que le suspect aurait joué « un rôle central dans le conflit armé en cours au Cameroun ».
Parmi les chefs d’accusation figurent notamment la tentative de meurtre et la privation de liberté, selon le document officiel de la police norvégienne. Ces infractions s’ajoutent aux accusations initiales d’incitation à commettre des crimes contre l’humanité.
Me Morten Engesbak, avocat de Lucas Cho Ayaba, a confirmé que son client était bien la personne visée par ces nouvelles poursuites. « Il rejette catégoriquement les accusations d’incitation à commettre des crimes contre l’humanité et d’incitation à des crimes de guerre », a fermement déclaré le défenseur.
La procureure Anette Berger a justifié la sévérité des poursuites en rappelant les obligations internationales du royaume scandinave: « La Norvège a la responsabilité internationale de faire en sorte que nous ne soyons pas un refuge pour les individus commettant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ».
Les autorités judiciaires ont par ailleurs demandé la prolongation de la détention provisoire du dirigeant séparatiste pour huit semaines supplémentaires, témoignant de la gravité des faits reprochés et de la complexité de l’enquête en cours.
Lucas Cho Ayaba s’est imposé comme l’une des figures majeures de la lutte séparatiste dans les régions anglophones du Cameroun, un conflit qui oppose depuis plusieurs années les forces gouvernementales camerounaises à divers mouvements armés réclamant l’indépendance de l' »Ambazonie », nom donné par les séparatistes aux territoires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Ce conflit, qui a éclaté en 2016 à la suite de revendications corporatistes d’avocats et d’enseignants anglophones, s’est progressivement militarisé et a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
L’arrestation de Lucas Cho Ayaba en Norvège constitue une première dans la répression internationale des acteurs de cette crise. L’issue de cette procédure judiciaire sera suivie de près tant par Yaoundé que par les mouvements séparatistes.
Le procès devrait se poursuivre dans les prochaines semaines devant la justice norvégienne.





