Municipales Et Législatives: Raisons Cachées Du MRC

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Municipales Et Législatives: Raisons Cachées Du MRC
Municipales Et Législatives: Raisons Cachées Du MRC

Africa-Press – Cameroun. Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et son président le Professeur Maurice Kamto sont vivement critiqués pour leur décision de participer aux élections municipales et législatives qui s’annoncent. Bien que critiqué, le MRC justifie cette participation par la nécessité de reprendre la gestion des villes aux mains du RDPC, la protection de la jeunesse camerounaise et la reconstruction de la démocratie

Reprendre nos villes, protéger notre jeunesse, reconstruire la démocratie

Dans nos villes et nos quartiers, un malaise profond s’installe. La recrudescence des actes insidieux, la banalisation de la consommation d’alcool, y compris chez les plus jeunes, et la proximité inquiétante des débits de boissons avec les écoles et les lieux de formation ne sont pas des faits divers. Ils sont les symptômes visibles d’un dysfonctionnement structurel de notre gouvernance locale.

Quand des enfants censés être à l’école se retrouvent livrés à eux-mêmes, exposés à des pratiques qui détruisent leur avenir, ce n’est pas seulement une faillite parentale ou individuelle. C’est d’abord une faillite politique, administrative et institutionnelle. Le décret 90-1483 encadre pourtant clairement l’implantation des débits de boissons. Mais entre la tolérance administrative, le laxisme des autorités locales et l’absence de contrôle effectif, la loi devient un simple texte sans force réelle.

Cette réalité nous oblige à poser une question fondamentale: qui gère nos communes? Qui contrôle nos quartiers? Qui prend les décisions qui façonnent notre quotidien?

La réponse est simple: des élus municipaux et des députés que nous avons souvent laissés s’installer dans l’indifférence, l’abstention ou la résignation.

Les élections municipales et législatives ne sont pas secondaires. Elles ne sont pas des scrutins « mineurs ». Elles constituent le socle même de la démocratie de proximité. Le maire décide de l’organisation de l’espace communal, de la salubrité, de l’encadrement des activités commerciales, de la protection des établissements scolaires. Le député, lui, vote les lois, contrôle l’action du gouvernement et porte la voix des populations à l’Assemblée nationale.

S’abstenir, c’est abandonner ces leviers à des intérêts qui ne sont pas ceux du peuple.

L’histoire politique récente du Cameroun nous montre à quel point le pouvoir central a instrumentalisé l’administration pour verrouiller le jeu démocratique. Depuis la création du MRC, l’implantation nationale du parti a été entravée par des interdictions arbitraires, des prétextes fallacieux de troubles à l’ordre public et une administration souvent acquise au régime en place. Cette pratique, qualifiée à juste titre de dérive autoritaire par de nombreux intellectuels, révèle une peur profonde: celle du peuple organisé et conscient.

Face à cette confiscation de l’espace politique, la réponse ne peut être ni la violence ni le découragement. Elle doit être la participation massive, disciplinée et stratégique aux élections. Car chaque bulletin de vote est un acte de résistance pacifique. Chaque victoire municipale ou législative est une brèche ouverte dans le système de prédation et d’irresponsabilité.

Participer aux élections, ce n’est pas seulement choisir un parti ou un candidat. C’est refuser que nos villes deviennent des zones de non-droit. C’est exiger que les écoles soient protégées, que la jeunesse soit encadrée, que les activités économiques soient régulées dans l’intérêt général. C’est rappeler que l’autorité publique n’est pas une propriété privée, mais une délégation du peuple.

Le régime en place a souvent tenté de réduire les partis d’opposition à des identités ethniques, dans une logique dangereuse de confinement tribal. Mais l’expérience politique récente a démontré que le changement est porté par une coalition nationale, multiethnique et multisectorielle, unie par une aspiration commune: la dignité, la justice et la responsabilité publique.

Les municipales et législatives à venir sont donc un rendez-vous historique. Elles offrent l’opportunité de reconstruire l’État par le bas, de redonner du sens à l’action publique et de préparer les grandes alternances à venir.

Ne pas voter, c’est laisser d’autres décider à notre place.

Voter, c’est reprendre possession de nos villes, de nos institutions et de l’avenir de nos enfants.

L’histoire ne pardonne pas l’indifférence. Elle honore ceux qui se lèvent, pacifiquement et lucidement, pour transformer leur destin collectif.

Le moment est venu. Participons. Massivement. Activement. Consciencieusement.

Mayor Cyrille

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