Bonnes Nouvelles Scientifiques de Janvier 2026

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Bonnes Nouvelles Scientifiques de Janvier 2026
Bonnes Nouvelles Scientifiques de Janvier 2026

Africa-Press – Cameroun. Que faut-il retenir du mois de janvier 2026? À l’international, certains répondraient l’enlèvement du président du Venezuela Nicolás Maduro ou bien la brutale répression des manifestations en Iran. Mais à l’échelle scientifique, il est possible de dépeindre un autre tableau, plus réjouissant. Traité sur la haute mer, nouvel antipoison, énergie décarbonée: voici 10 raisons d’avoir foi en les sciences… et l’avenir.

4 bonnes nouvelles, pour la santé et la biodiversité
Le traité sur la haute mer est entré en vigueur, après 20 ans de pourparlers

La haute mer, au delà de 200 milles nautiques (370 km) des côtes, a enfin son cadre juridique ! Entré en vigueur le 17 janvier 2026, le traité sur la haute mer encadre désormais l’exploitation et la protection des deux tiers de l’océan mondial, avec de nouvelles règles sur la biodiversité, la recherche scientifique et le partage des bénéfices.

« Lorsque la communauté internationale s’aligne autour d’objectifs communs comme celui-ci, cela génère une énergie capable de surmonter des années d’impasse diplomatique », avait commenté à l’époque de sa ratification Angelique Pouponneau, négociatrice en chef pour l’Alliance des petits États insulaires.

Contre la dépression, le sport se révèle aussi efficace que les médicaments et la psychothérapie

L’activité physique peut être aussi efficace qu’un traitement pharmaceutique ou une psychothérapie chez les personnes souffrant de dépression, a conclu la revue Cochrane, avec une rigoureuse analyse de 73 études.

L’autre bonne nouvelle, c’est que tous les sports sont concernés ! « Tout type d’activité physique est efficace mais des éléments comme le plaisir, la régularité, l’intensité ainsi que la qualité de l’accompagnement et l’étayage psycho-social jouent un rôle clé pour maximiser son efficacité », expliquait en 2024 le psychiatre Bruno Roméo.

La diminution drastique des épisiotomies « souvent non justifiées » en France

L’épisiotomie, qui consiste en une incision dans le périnée pour faire plus de place au bébé lors de l’accouchement, a « très longtemps été une pratique de routine en France », explique le chercheur et sage-femme Thomas Desplanches. Ainsi, en 2003, 71% des femmes vivant leur premier accouchement en France subissaient une épisiotomie, « souvent non justifiée compte tenu du niveau de preuve scientifique insuffisant ».

Depuis, la société savante des gynécologues obstétriciens a émis de nouvelles recommandations, faisant progressivement reculer la fréquence des épisiotomies, à 26% en 2010, et 8,3% aujourd’hui. « Nous sommes arrivés à l’objectif de l’Organisation mondiale de la Santé, qui est de ne pas dépasser les 10% », commente Thomas Desplanches avec satisfaction.

Le kakapo, perroquet en danger, recommence à se reproduire

Avec sa couleur verte et sa silhouette ronde, le kakapo attire tout de suite la sympathie, mais sa situation est compliquée: incapable de voler et ne se reproduisant que tous les deux à trois ans, ce perroquet de Nouvelle-Zélande est en danger critique d’extinction.

Or, la nouvelle saison de reproduction a commencé officiellement début janvier, pour la première fois depuis 4 ans. « Cette année, elle est particulièrement attendue après une si longue pause depuis la dernière saison en 2022 », a expliqué Deidre Vercoe, responsable des opérations de protection du kakapo au ministère de la Conservation. « Nous nous préparons à ce qui pourrait être la plus grande saison de reproduction depuis le début du programme il y a 30 ans », a-t-elle ajouté.

Une femelle kakapo et ses oeufs. Les nids sont creusés à même le sol. Crédit: Andrew Digby / Kakapo Recovery Programm

3 belles découvertes et avancées récentes de la science
Un antidote contre la ricine, une première mondiale française

Une entreprise lyonnaise a réussi à mettre au point le premier antidote au monde contre la ricine, qui est le plus puissant poison connu chez les végétaux et l’une des principales menaces biologiques, comme en témoignent deux tentatives d’attentat déjouées en Allemagne en 2018 et en 2023.

Le traitement, une thérapie à base d’anticorps polyclonaux, a obtenu son Autorisation de Mise sur le Marché le 13 janvier, et les premières commandes pour l’export vers des pays européens sont déjà en cours.

En Moselle, un gisement d’hydrogène naturel « unique au monde »

Cela pourrait être « la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde », explique Yann Fouant, responsable des relations publiques de La Française de l’Énergie. À Pontpierre, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, une plateforme de forage a été érigée pour creuser jusqu’à 4.000 mètres, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.

Selon les estimations du CNRS, le gisement lorrain (qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand) pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène, possible source d’énergie décarbonée. « C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation », de « source d’énergie » et « d’indépendance énergétique », s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.

La plus ancienne peinture pariétale au monde découverte en Indonésie

Des chercheurs ont découvert en Indonésie le plus ancien exemple d’art pariétal au monde. C’est au sud-est de l’île de Célèbes (dénommée Sulawesi en indonésien) qu’ils ont identifié « des mains en négatif, faites au pochoir, probablement à l’ocre rouge, avec sur l’une d’elle, des doigts retouchés pour devenir pointus, comme des griffes, un style de peinture qu’on voit uniquement à Sulawesi », explique l’archéologue canadien Maxime Aubert.

Une découverte vieille d’au moins 67.800 ans selon la méthode de datation uranium-thorium, qui repousse donc de 15.000 ans l’histoire de l’art pariétal, et la situe proche de la datation estimée de la sortie d’Afrique de l’Homo sapiens, 70.000 ans avant notre ère !

La plus ancienne peinture pariétale, une main en négatif, se devine entre les deux symboles brun-ocre. Crédit: GRIFFITH UNIVERSITY / AFP – Maxime AUBERT

3 belles histoires scientifiques
Les noms de 72 femmes scientifiques vont être inscrits « en lettres d’or » sur la tour Eiffel

En 1889, Gustave Eiffel a voulu faire de sa tour un « panthéon des sciences » en y inscrivant le nom de 72 des plus grands savants français ayant marqué l’histoire depuis la Révolution: Lavoisier, Cuvier, Daguerre… 72 hommes.

« Il est temps que ce monument, si symbolique, embrasse la cause de l’égalité entre les femmes et les hommes et redonne aux femmes la place qui leur revient sur ce monument à la gloire de la science et des scientifiques », a expliqué la maire de Paris Anne Hidalgo. Les noms de 72 femmes vont donc bientôt les rejoindre, parmi lesquels la physicienne Marie Curie, la co-découvreuse de la trisomie 21 Marthe Gautier ou bien la botaniste Jeanne Barret, première femme à avoir accompli un tour du monde.

Une vache épate des chercheurs par son maniement des outils

Les vaches font partie du quotidien des humains depuis près de 10.000 ans, pourtant un tel cas n’avait encore jamais été documenté ! « Quand j’ai vu les images, il m’est apparu immédiatement que ce n’était pas involontaire, explique la biologiste cognitive Alice Auersperg. C’était un exemple significatif d’utilisation d’outils chez une espèce dont les capacités cognitives sont rarement prises en compte. »

La prodige s’appelle Veronika, une vache de race brown swiss vivant dans les Alpes autrichiennes, et a pour habitude d’utiliser des bâtons ou des balais pour se gratter. Choix de l’outil, manipulation, diversité de mouvements: « Veronika ne se contente pas d’utiliser un objet pour se gratter. Elle utilise différentes parties du même outil à des fins différentes et applique des techniques variées ».

Veronika utilise soit la brosse, soit le manche selon la partie de son corps à gratter. Crédit: Antonio J. Osuna Mascaró

Une rare naissance de jumeaux gorilles des montagnes dans le parc national des Virunga

Des jumeaux gorilles des montagnes sont nés en début d’année dans le parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo. Une naissance bienvenue pour cette espèce menacée, dont la population est estimée à 1.063 spécimens vivant à l’état sauvage, et un événement très rare, les naissances gémellaires chez les gorilles des montagnes représentant moins d’1% de cas en moyenne !

« Malgré les défis, la vie triomphe », a souligné l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) en partageant une photo de la femelle gorille tenant dans ses bras deux minuscules bébés dont seules les mains et les oreilles sont repérables.

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