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Le village frontalier de Saraïbo connaît son deuxième jour de cauchemar. Après huit civils tués le 25 décembre 2025 sur le marché hebdomadaire de Hadjlitaye, situé à 10 kilomètres au sud de Sarayebo, vingt-quatre autres tombent sous les balles russes le lendemain. Les mercenaires du groupe Wagner transforment le marché en brasier avant de repartir vers Birao, laissant familles et rescapés dans une ruine totale.
Les habitants de Sarajevo n’ont pas eu le temps de panser leurs plaies. À peine vingt-quatre heures après la fusillade meurtrière du 25 décembre, les mercenaires russes reviennent avec des moyens considérables pour venger leurs deux collègues russes tombés lors de l’affrontement avec le FPRC. Ce vendredi 26 décembre, dès les premières heures du matin, le vrombissement des hélicoptères de combat déchire le ciel de cette ville frontalière située à une dizaine de kilomètres au sud-est de Birao.
Les colonnes blindées suivent peu après, transportant des dizaines des mercenaires russes venus de Birao où ils s’étaient repliés la veille après l’humiliation subie face aux combattants rebelles. L’objectif ne laisse aucune ambiguïté: punir collectivement la population pour avoir abrité ceux qui ont osé résister. Le marché de Hadjlitaye bat son plein quand les premiers tirs éclatent.
Les commerçants qui s’affairent autour de leurs commerces n’ont aucune chance d’échapper au déluge de feu. Les rafales d’armes automatiques balayent les allées sans distinction. Femmes portant des enfants dans le dos, vieillards venus vendre quelques produits agricoles, jeunes gens vendant des articles ambulants, tous se retrouvent pris au piège dans un espace ouvert offrant aucun abri.
Les témoins, interrogés par la rédaction du CNC, racontent que les assaillants tiraient sur tout ce qui bougeait. Contrairement à la veille où quelques éléments du FPRC avaient pu riposter, cette fois la disproportion des forces rend toute résistance dérisoire. Les habitants fuient en désordre vers la brousse environnante pendant que les balles continuent de faucher des vies au hasard. En quelques minutes à peine, vingt-quatre personnes gisent dans leur sang entre les étals renversés et les marchandises éparpillées.
L’assaut ne s’arrête pas là. Les mercenaires mettent le feu aux structures du marché de manière méthodique. Les toits de paille et les abris en bois s’embrasent rapidement sous l’action des lance-flammes et des grenades incendiaires. La fumée noire monte dans le ciel pendant des heures tandis que des décennies de commerce transfrontalier partent en cendres. Ce lieu d’échange qui permettait aux populations des deux côtés de la frontière de subvenir à leurs besoins n’existe plus.
La quasi-totalité des victimes étaient des civils. Mais certains témoins, terrifiés par ce dégâts, ont très vite appelés quelques éléments du FPRC pour les informer de l’arrivée des mercenaires russes.. Ces derniers, prévenus par téléphone du carnage en cours, accourent depuis leurs positions dans la zone. Ils arrivent trop tard pour empêcher le bain de sang mais assez tôt pour engager les Wagner avant leur départ. Un nouvel échange de tirs éclate en périphérie du marché déjà dévasté. Cette fois encore, les rebelles parviennent à tenir tête aux mercenaires malgré leur supériorité matérielle.
Face à une résistance plus forte que prévu et ayant accompli leur mission punitive, les forces russes se retirent progressivement. Le convoi reprend la route de Birao dans l’après-midi, laissant derrière lui un spectacle de chaos total. Les corps jonchent le sol calciné du marché pendant que les rares survivants commencent à émerger de leurs cachettes dans la brousse.
Les rescapés errent dans les ruines fumantes de leur marché. Quelques-uns tentent d’identifier les corps défigurés par les flammes et les balles. D’autres cherchent à récupérer ce qui reste de leurs maigres biens partis en fumée. Les pleurs se mêlent aux cris de colère contre ces mercenaires venus d’ailleurs qui ne comprennent rien aux réalités locales et tirent sur des innocents pour venger leurs pertes militaires.
Le marché de Hadjlitaye, situé à 10 kilomètres de Saraïbo constituait un pilier économique pour toute la zone frontalière. Sa destruction complète prive des milliers de personnes de leur principale source de revenus et d’approvisionnement.
Les deux journées sanglantes des 25 et 26 décembre resteront gravées dans la mémoire collective de Saraïbo. Trente-deux civils innocents ont payé de leur vie des conflits qu’ils n’avaient pas choisis. Deux mercenaires russes et plusieurs miliciens sont également tombés dans ces affrontements qui n’auraient jamais dû avoir lieu dans un espace commercial censé être neutre.
Les familles endeuillées procèdent aux enterrements dans la précipitation car la chaleur ne permet pas de garder longtemps les corps. Les fosses se creusent à la hâte pendant que les imams et les prêtres récitent les prières funèbres. Beaucoup de victimes seront inhumées sans avoir pu être formellement identifiées tant les blessures défigurent les cadavres.
Source: Corbeau News Centrafrique
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