Africa-Press – CentrAfricaine. Dans la préfecture du Haut-Mbomou, en République centrafricaine, la ville de Zémio vit une crise humanitaire d’une gravité extrême. Depuis près d’un an, les affrontements entre miliciens azandés et forces gouvernementales appuyées par des mercenaires du Groupe Wagner ont plongé cette localité dans une détresse généralisée.
La guerre produit des conséquences qui dépassent largement le seul terrain des combats. À Zémio, c’est l’ensemble de la vie quotidienne qui s’est désintégré sous l’effet de la violence armée.
L’accès à la ville est devenu extrêmement périlleux pour les populations civiles, mais aussi pour les convois humanitaires censés apporter un minimum de soutien. Cette situation a provoqué une rupture quasi-totale des circuits d’approvisionnement. Les denrées de base, autrefois disponibles sur les marchés locaux, se sont raréfiées au point de devenir des produits de luxe inaccessibles pour la majorité des habitants.
L’inflation des prix montre de manière frappante cette asphyxie économique. Un sac de sel, vendu 4 500 francs CFA dans la capitale Bangui, atteint désormais 35 000 francs CFA à Zémio, soit près de huit fois son prix initial. Cette explosion des coûts ne concerne pas uniquement le sel: l’ensemble des produits de première nécessité connaît des hausses vertigineuses, parfois de trois à cinq fois leur valeur normale.
Au-delà de la crise économique, c’est toute la structure sociale de la ville qui vacille. L’insécurité permanente a vidé Zémio de ses habitants. La majorité d’entre eux ont trouvé refuge sur des sites de déplacés internes, où les conditions de vie demeurent difficiles. Seuls quelques quartiers, notamment les zones à majorité musulmane, conservent encore une présence humaine significative.
Cet exode massif a également touché les localités voisines. De nombreuses familles ont choisi de franchir la frontière pour se réfugier à Zapay, en République démocratique du Congo voisine, espérant y trouver davantage de sécurité. D’autres ont opté pour les camps de déplacés, préférant rester sur le territoire centrafricain malgré les risques.
L’effondrement du système éducatif confirme l’ampleur du désastre. Le lycée de Zémio, qui accueillait auparavant plus de 1 000 élèves, n’en compte désormais que moins de 300. Cette chute spectaculaire des effectifs scolaires reflète non seulement le départ massif des populations, mais aussi la destruction du tissu social et l’anéantissement des perspectives d’avenir pour toute une génération. Dans une ville devenue fantôme, l’éducation, comme tant d’autres piliers de la vie collective, n’est plus qu’un vestige du passé.
Source: Corbeau News Centrafrique
Pour plus d’informations et d’analyses sur la CentrAfricaine, suivez Africa-Press





