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Saint-Cyr Tanza rejoint les griots du régime qui avaient prédit la victoire à 70%, d’autres à 90%, et certains même à 95%. Le toto de Touadera bascule désormais clair du côté du pouvoir.
Cet ancien militant de l’URCA (Union pour le Renouveau Centrafricain) du candidat Anicet-Georges Dologuélé s’est fait expulser de ce parti avant de rallier le camp présidentiel. Depuis, Touadéra et son entourage l’ont récupéré et tentent de le faire croire à l’opinion que c’est un jeune leader de l’opposition qui a voulu participer à l’élection présidentielle. L’histoire de tromper tout le monde, mais son niveau d’instruction, qui ne dépasse pas le primaire, continue de faire jaser dans tout Bangui.
La capitale n’en finit plus de se moquer de ce candidat fantoche que le président a financé pour se donner une façade de pluralisme. Dans les quartiers, sur les réseaux sociaux, partout, les gens rigolent encore de cette candidature grotesque. Les voisins de Tanza au quartier Ramandji, dans le troisième arrondissement, racontent qu’il s’est arrêté au CM2. Comment un homme qui n’a jamais terminé l’école primaire peut-il prétendre à la magistrature suprême alors que la loi exige au minimum une licence universitaire?
Les textes qu’il publie sur les réseaux sociaux donnent lieu à des séances de correction publiques. Les internautes sortent leurs stylos rouges virtuels et s’amusent à rectifier ses fautes. Touadéra pense nous emmener où avec de tels profils?
L’émission Patara sur la radio Ndèkè-Luka restera dans les annales. Tanza y tenait des propos décousus qui ont enflammé les réseaux sociaux. Au sujet du supposé passeport congolais d’Henri-Marie Dondra, il a lâché cette phrase devenue légendaire: “J’ai le copie dans ma bureau”.
Il a ajouté: “Je ne peux pas aller concourir avec un apatride, ou avec un non Centrafricain parce que c’est une haute responsabilité du pays et qu’il faut que ça soit les Centrafricains d’origine comme moi, père mère arrière père Centrafricains d’origine…”.
Puis il a enchaîné: “…de faire ce constat aneur..”, et encore “..que je viens à toutefois de mettre ça en lumière..”
Le Conseil constitutionnel devient sous sa bouche “le conseil consultatif”. Il répète cette erreur plusieurs fois avant qu’un débatteur ne le corrige en lui rappelant le vrai nom de l’institution. Ces bourdes ont déclenché une vague de moqueries sans précédent. “J’ai le copie dans ma bureau” s’est transformé en mème viral. Les Centrafricains se demandent où Touadéra veut les conduire avec ce genre de candidat bidon.
Tanza se présente comme président du Rassemblement pour le Centrafrique Nouveau (RCAN). Il prétend avoir déposé une requête pour invalider les candidatures de Dologuélé et Dondra. Selon lui, Dondra disposerait d’un passeport congolais qui prouverait qu’il n’est pas centrafricain. “J’ai le copie, j’ai le copie en moi”, répète-t-il sans jamais présenter le moindre document.
Concernant Dologuélé, il affirme que l’ancien Premier ministre serait devenu apatride après avoir renoncé à sa nationalité française et que son certificat de nationalité centrafricaine aurait été annulé. Mais durant tout le débat, Tanza montre qu’il ne maîtrise aucun concept juridique et qu’il ignore même le vocabulaire de base. Il confond les institutions de la République, dit “le copie” au lieu de “la copie”, et produit des phrases incompréhensibles.
Gildas De Carème Benam, qui défendait la candidature de Dondra, s’est payé la tête de Tanza en direct. “Vous voyez déjà que pour parler du Conseil constitutionnel qui est une haute instance de notre pays, cela crée des problèmes”, a-t-il lancé après que Tanza ait encore écorché le nom de l’institution.
Les autres participants au débat ont aussi relevé les approximations et les bêtises de Tanza. Ils l’ont accusé d’être un pantin manipulé par le pouvoir pour écarter les vrais opposants. Tanza a tenté une défense pathétique: “On m’a instrumentalisé. C’est quelqu’un qui est derrière moi. Comme ils ont l’habitude de dire, sans preuve.”
Personne n’a gobé cette excuse. Comment croire en la sincérité d’un candidat qui massacre le français, confond les institutions de la République, et sort des déclarations comme “J’ai le copie dans ma bureau”?
Le parcours de Tanza raconte toute l’histoire. Militant du parti URCA d’Anicet-Georges Dologuélé, il s’est fait virer avant de se retourner contre son ancien leader en déposant une requête pour invalider sa candidature. Cette trajectoire montre qu’il est manipulé par le pouvoir. Touadéra finance sa candidature, lui demande de déposer des requêtes contre les vrais opposants, et Tanza obéit comme un toutou.
Mais le problème, c’est que Tanza est tellement médiocre et incompétent qu’au lieu de nuire aux opposants, il ridiculise Touadéra lui-même. Les Centrafricains se posent la question: Touadéra nous a emmenés où avec ce genre de candidat?
Le président Touadéra a tellement surchargé sa stratégie de manipulation qu’elle s’est effondrée sous son propre poids. En voulant écarter Dologuélé et Dondra par des manœuvres juridiques bidons, il a recruté le pire avocat possible: un homme qui ne sait même pas comment s’appelle le Conseil constitutionnel. Tanza devait être l’arme secrète du régime. Il est devenu son boomerang.
Les captures d’écran de ses publications circulent comme des traînées de poudre. Les internautes s’en donnent à cœur joie. Certains ont créé des montages vidéo avec sa voix, d’autres ont fait des chansons avec sa phrase fétiche. “J’ai le copie dans ma bureau” est entré dans le langage populaire. Les gens l’utilisent maintenant pour se moquer de quelqu’un qui prétend détenir une preuve qu’il ne peut pas montrer.
Maintenant que Tanza annonce la victoire de Touadéra à 70% dès la fermeture des bureaux de vote, il confirme ce que tout le monde savait déjà: il n’est qu’un porte-voix du régime. Un porte-voix qui parle mal, qui écrit mal, et qui pense mal. Mais un porte-voix quand même. Le président peut compter sur lui pour répéter la propagande officielle, même si c’est avec des fautes de français à chaque phrase.
Les griots du régime forment maintenant un chœur discordant. Chacun y va de son pourcentage délirant: 70%, 90%, 95%. Tanza s’est joint à cette chorale de la fraude en apportant sa voix cassée et fausse. Il chante la victoire de Touadéra comme il parle le français: mal, très mal. Mais peu importe pour le régime. L’essentiel est qu’il chante, même si c’est cacophonique.
Le débat Patara restera un moment historique de la vie politique centrafricaine. Rarement un candidat à la présidentielle se sera autant ridiculisé en public. Rarement aussi un pouvoir se sera autant décrédibilisé en choisissant un tel profil pour défendre ses intérêts. Touadéra a voulu jouer au plus malin. Il s’est retrouvé avec Tanza. Et Tanza, c’est l’anti-malin par excellence.
Source: Corbeau News Centrafrique
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