Africa-Press – CentrAfricaine.
La mission onusienne en Centrafrique, Minusca, avait pour mandat de protéger les civils et d’accompagner la démocratie dans le pays. Mais face aux dérives chaotique du scrutin de décembre 2025, Valentine Rugwabiza, la rwandaise, Représentante spécial du secrétaire général des Nations-Unies, a définitivement choisi son camp, celui de la dictature pure imposée par Vladimir Poutine aux Centrafricains.
Il faut le rappeler. Le 28 décembre 2025, la République centrafricaine organise une simulacres d’élections dans un climat tendu. Dès les premières heures du scrutin, des images affluent de partout sur les réseaux sociaux. Violence, bourrage des urnes, achat de vote, menace et intimidation des électeurs
La population filme ces scènes avec ses téléphones. Ce ne sont pas des montages, ce ne sont pas des rumeurs. Ce sont des faits bruts, documentés par ceux qui les vivent. Pourtant, à Bangui, lors de sa conférence de presse quelques jours après le vote, Valentine Rugwabiza, la rwandaise, oui la rwandaise balaie tout cela d’un revers de main. Sans confirmation officielle, dit-elle, impossible de commenter. Elle qualifie ces alertes de simples rumeurs.
Qu’attend-elle exactement comme preuve? Les vidéos ne comptent pas. Les témoignages des victimes non plus. Les rapports des observateurs centrafricains sont ignorés et considérés comme des faux. Alors, faut-il lui amener les mercenaires russes en personne? Faut-il capturer les ex-rebelles de 3R et de l’UPC et les traîner devant elle pour qu’elle daigne reconnaître leur présence? Même dans ce cas, elle trouverait probablement le moyen de parler de soupçons non vérifiés. En réalité, la cheffe de la MINUSCA a décidé qu’aucune preuve ne serait jamais suffisante. Parce que reconnaître le chaos électoral, c’est admettre l’échec de la mission onusienne. C’est surtout contredire le discours lisse que réclament les parrains régionaux de Faustin-Archange Touadéra.
Car derrière cette élection se joue une partie bien organisée. Paul Kagame, le président rwandais, soutient Touadéra depuis des années. L’observateur principal envoyé par l’Union africaine pour superviser le scrutin n’est autre qu’un ancien premier ministre du Rwanda. Valentine Rugwabiza elle-même est rwandaise. Tout est calé pour que le dictateur centrafricain conserve son fauteuil, peu importe ce qui se passe réellement sur le terrain. La MINUSCA ne joue plus son rôle de garante de la démocratie. Elle est devenue une machine à valider un processus truqué, à condition que personne ne fasse trop de bruit.
D’ailleurs, la mission onusienne ne se contente pas de fermer les yeux sur les irrégularités. Elle demande aussi aux journalistes de se taire. Valentine Rugwabiza leur envoie un message clair: ne rapportez que ce que vous avez vu vous-même, de vos propres yeux. Pas de témoignages, pas de vidéos de citoyens, pas de recoupements d’informations. Si le gouvernement et l’ONU ne valident pas vos sources, alors vous propagez des mensonges. Ce discours est dangereux. Dans un pays où les déplacements sont risqués, où les bandits circulent partout, où les observateurs indépendants se comptent sur les doigts, exiger la preuve directe revient à imposer le silence. C’est exactement ce que veut la MINUSCA: étouffer toute critique, verrouiller l’information, empêcher le débat public.
Sur le terrain, il faut dire la vérité, rien que la vérité entre nous, Le scrutin qui s’est tenu dimanche en République centrafricaine a viré au cauchemar. Entre agressions, fraudes massives et désorganisation généralisée, la journée électorale a connu des ratés du jamais vue dans l’histoire du pays dans plusieurs circonscriptions de Bangui et de l’intérieur du pays.
D’ailleurs, Des électeurs eux-mêmes racontent avoir été menacés, par exemple à Bocaranga, à Ndélé. Des mandataires de candidats signalent des pressions. Des membres de la société civile documentent des anomalies. La MINUSCA reconnaît avoir reçu ces rapports. Elle admet même que des ex-combattants du groupe armé 3R ont été aperçus près de certains bureaux de vote dans l’Ouham-Pendé. Mais elle refuse d’en tirer la moindre conclusion. Ces incidents, affirme-t-elle, n’ont pas empêché les citoyens de voter. Comment peut-elle en être sûre? Elle le dit elle-même: la mission n’était pas présente partout. Donc elle ne sait pas. Elle devine. Elle espère. Ou plutôt, elle choisit de croire ce qui arrange le pouvoir en place.
Quant à l’Autorité nationale des élections, l’ANE, la MINUSCA refuse d’en parler. Les suspensions internes qui secouent l’institution, les accusations visant le centre de traitement des données, les doutes sur l’indépendance du processus: tout cela relève de questions administratives. Circulez, il n’y a rien à voir. Cette posture est commode. En renvoyant toutes les responsabilités à l’ANE, la mission onusienne se lave les mains. Elle peut ensuite valider l’ensemble du scrutin sans avoir à répondre des dysfonctionnements constatés. C’est une stratégie bien connue: reconnaître vaguement des problèmes, mais ne jamais les nommer, ne jamais les analyser, ne jamais exiger de comptes.
Même lorsque des violations sont avérées, la réaction de la MINUSCA arrive toujours trop tard. Prenons l’exemple des procès-verbaux. La loi exige que les représentants des candidats reçoivent une copie après le dépouillement. Dans de nombreux bureaux, ce n’est pas fait. Les mandataires protestent, alertent, réclament. Rien ne se passe. Ce n’est qu’après plusieurs jours de pression que la MINUSCA diffuse un communiqué de rappel à la loi sur Radio Guira FM et quelques radios communautaires. Un correctif après coup, présenté comme un geste d’accompagnement. En réalité, c’est trop peu, trop tard. Le mal est déjà fait. Les chiffres sont déjà truqués. Les résultats sont déjà bouclés.
Pour justifier ce scrutin, Valentine Rugwabiza utilise un argument simple: comparer avec 2020. Cette année-là, l’élection présidentielle s’était déroulée sur une portion réduite du territoire. Cette fois, dit-elle, le vote a eu lieu dans 20 préfectures et 84 sous-préfectures sur 85. Un progrès géographique, selon elle. Mais cet argument ne tient pas. La couverture territoriale ne dit rien de la qualité du scrutin. On peut organiser un vote dans tout le pays et le truquer de bout en bout. On peut installer des bureaux partout et laisser les groupes armés y faire régner la terreur. La MINUSCA le sait. Elle choisit simplement de ne pas en parler.
À force de demander aux journalistes de se taire faute de preuves immédiatement validées par les institutions mises en cause, la mission onusienne réduit l’espace du débat public. Dans un pays tourmenté par des décennies de crises électorales, cette attitude empêche tout contrôle citoyen. Valentine Rugwabiza, envoyée par l’ONU pour accompagner la démocratie, verrouille en réalité toute critique.
Source: Corbeau News
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