Fiasco ÉLectoral À Paoua: Chaos du 28 Décembre 2025

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Fiasco ÉLectoral À Paoua: Chaos du 28 Décembre 2025
Fiasco ÉLectoral À Paoua: Chaos du 28 Décembre 2025

Africa-Press – CentrAfricaine.
Les élections groupées qui se sont tenues en Centrafrique le 28 décembre dernier ont connu leur lot d’irrégularités partout dans le pays. Mais à Paoua, le niveau de désordre atteint des proportions jamais vues. Ce qui s’est passé dans cette circonscription dépasse tout ce que l’histoire électorale centrafricaine a connu jusqu’ici.

Durant toute la période de ces élections, notre équipe a passé plusieurs jours et nuits sur place pour observer de près le déroulement des élections groupées à Paoua et ses environs. Ce que nous avons constaté dans la première circonscription défie toute logique.

Les agents de l’Autorité Nationale des Élections ont franchi toutes les lignes rouges sous nos yeux. Au lieu de garantir la régularité du scrutin, ils ont activement participé à la tricherie. Nous les avons vus guider la main des électeurs analphabètes, les forçant à cocher la case du candidat qu’ils soutenaient. Ces pratiques se sont répétées dans plusieurs bureaux de vote que nous avons surveillés.

La circulation illégale des cartes d’électeur a pris des proportions spectaculaire durant ces élections groupées à Paoua. Des centaines de cartes ont changé de mains en dehors de tout cadre légal. Le chef du village de Benamkouna s’est retrouvé avec plus de 300 cartes remises par un intermédiaire sans aucun mandat officiel. Ces documents devaient soi-disant aller à la communauté peule locale, qui compte à peine dix membres.

Cette distribution massive est intervenue moins de six heures avant l’ouverture des bureaux. Nous avons recueilli les témoignages des villageois qui ont vu cette remise en main propre. La manœuvre violait doublement la loi: par son timing et par l’identité de celui qui distribuait les cartes. Aucune justification crédible n’a été avancée pour expliquer cette anomalie.

Comme si toutes ces tricheries ne leur suffisaient pas, le candidat numéro 1 aux législatives a mené, d’une manière illégale, une campagne ouvertement le jour du vote. Notre équipe l’a suivi dans sa tournée à travers les villages de Bedamara et Beakombo, puis sur l’axe de Beboura. Il se déplaçait de bureau en bureau, parlant aux électeurs, leur serrant la main, distribuant de l’argent parfois. La loi interdit pourtant toute propagande à proximité des lieux de scrutin.

Dans certains bureaux que nous avons surveillés, quatre ou cinq personnes entraient ensemble dans l’isoloir. Le secret du vote n’existait plus. Les assesseurs fermaient les yeux, complices ou intimidés. Nous avons documenté ces violations répétées tout au long de la journée des élections groupées à Paoua.

Le dépouillement s’est déroulé dans des conditions encore plus chaotiques. Plusieurs bureaux ont procédé au comptage sans la présence des représentants des candidats. Dans d’autres, l’électricité manquait et les agents comptaient les bulletins à la lueur des téléphones portables. Nous avons insisté pour rester présents malgré les pressions, mais dans certains endroits, on nous a carrément refusé l’accès.

Les observateurs internationaux de l’union africaine conduite par une marionnette rwandaise brillent par leur absence sur le terrain. Pendant que l’Union africaine et les émissaires russes restent confortablement installés au palais de la renaissance à Bangui, les élections groupées à Paoua et dans d’autres villes du pays se déroulent dans le plus grand désordre. Ont-ils seulement quitté la capitale pour voir ce qui se passe vraiment dans les villages? Préfèrent-ils les réceptions au palais de la Renaissance aux réalités du terrain?

Nous avons vu des scrutins difficiles par le passé en Centrafrique. En 2015, les électeurs votaient lors du référendum pendant que les tirs résonnaient dans les rues. En 2020, seulement 25 à 30% du territoire avait pu organiser le vote. Mais ce que nous avons observé cette année dans les élections groupées du 28 décembre dans le pays dépasse tout. L’ampleur de la manipulation, sa coordination, son caractère ouvert et assumé marquent un nouveau palier.

Chaque irrégularité que nous avons documentée forme une pièce d’un puzzle plus large. Les cartes qui circulent, les agents qui trichent, les candidats qui font campagne le jour J, les dépouillages sans témoins, le bourrage massif des urnes: tout cela constitue un ensemble cohérent. Rien n’arrive par hasard dans ce processus vicié de bout en bout.

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