Soldat FACA Prête Son Arme à un Marabout à Bocaranga

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Soldat FACA Prête Son Arme à un Marabout à Bocaranga
Soldat FACA Prête Son Arme à un Marabout à Bocaranga

Africa-Press – CentrAfricaine. Un événement hors du commun vient de bousculer la tranquillité du village Ngoutéré, situé à 45 kilomètres de Bocaranga sur l’axe de Bozoum, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé.

Tout débute le mardi 20 janvier 2026 lorsqu’un enfant tombe gravement malade. Inquiets, ses parents décident de consulter un marabout pour comprendre l’origine du mal. Arrivée chez le marabout, celui-ci commence immédiatement ses pratiques sataniques pour tenter de savoir ce qui s’est passé. Après avoir effectué ses rites divinatoires, le marabout désigne une mère de famille du village comme responsable de la souffrance de l’enfant. Selon lui, cette femme aurait ensorcelé l’enfant.

La nouvelle se répand rapidement dans le village et les parents de l’enfant malade arrivent chez la dame accusée. Ils entament des palabres animées devant sa concession. La femme, refusant catégoriquement ces accusations mensongères, se déshabille complètement pour prouver son innocence. Elle frappe le sol avec ses deux mains, et lève les deux bras vers le ciel et jure n’avoir jamais pratiqué la sorcellerie de sa vie.

Ses cris et sa détresse touchent plusieurs villageois. Beaucoup de gens présents prennent sa défense et affirment que ce type qui se prend pour marabout se trompe largement.

Beaucoup de gens trouvent cette accusation injuste et destinée uniquement à salir la réputation d’une honnête mère de famille. Mais après cette confrontation, le marabout crée un problème au sein de cette communauté. D’un côté, les parents de l’enfant malade accuse la mère, de l’autre, la famille de la mère accusée et certains habitants du village sont en colère contre le prétendu marabout.

Entre temps, la dame, après ce problème, retourne vaquer à ses occupations et part travailler aux champs avec des membres de sa famille.

Le marabout, furieux de voir son diagnostic remis en cause publiquement et constate qu’il est désormais vomi par une partie importante des villageois, décide de passer à l’action.

Il se rend chez un soldat des Forces Armées Centrafricaines en poste à Ngoutéré. Il lui propose une somme d’argent en échange de son arme et de sa tenue militaire. Le militaire accepte le marché après que le marabout lui explique vouloir simplement effrayer la dame et sa famille en tirant quelques coups en l’air.

Le soldat accepte finalement le deal. Il décide de fournir à ce marabout ce qu’il demande. Désormais équipé de l’uniforme et du fusil du soldat FACA, le marabout se dirige vers le champ où travaille la femme. Une fois sur place, il ouvre le feu. Les détonations provoquent la panique générale et tous les cultivateurs présents s’enfuient dans la brousse environnante, laissant derrière eux leur moto et quelques effets.

Le marabout tireur estime avoir atteint son objectif et décide alors de quitter définitivement le village à moto. Il récupère la moto des villageois qui ont pris la fuite, le marabout s’apprête à partir.

Mais au moment de démarrer l’engin, il baisse sa vigilance. Quelques jeunes qui s’étaient cachés dans les environs profitent de cet instant pour surgir par derrière et le tire avec un arc. Le marabout touché, s’effondre au sol et décède. Les villageois récupèrent l’arme et la tenue militaire avant de se rendre auprès des autorités.

Les villageois présentent l’armement au colonel commandant le détachement de Ngoutéré. Ce dernier veut immédiatement savoir à qui appartient cette arme. Le lendemain, il organise un rassemblement de tous ses hommes et demande à chacun de présenter son fusil. Finalement, l’arme d’un militaire manque à l’appel et l’arme récupérée correspond bien à celle d’un de ses éléments.

Confronté par son supérieur, le soldat avoue avoir prêté son équipement au marabout contre de l’argent. Il reconnaît sa faute et explique les circonstances de cette transaction. La confirmation que l’arme provient bel et bien d’un soldat FACA se répand comme une traînée de poudre dans tout Ngoutéré.

La colère monte rapidement parmi les habitants. Comment l’armée nationale censée les protéger peut-elle mettre une arme entre les mains d’un civil pour terroriser et potentiellement tuer des citoyens innocents? Les villageois déclarent ouvertement préférer encore vivre sous la présence des rebelles plutôt qu’avec des soldats capables de telles dérives.

Les habitants exigent maintenant le départ immédiat du contingent FACA de leur localité. Le commandement de l’armée nationale a décidé de relever tous les soldats détachés à Ngoutéré et depuis quelques jours, ce le nouveau contingent qui arrive à Ngoutéré.

Malgré tout, la tension reste vive et palpable entre les habitants et les soldats FACA depuis plusieurs jours.

Les autorités locales se sont déplacées sur place pour tenter d’apaiser la situation. La préfète de l’Ouham-Pendé décide également de se rendre à Ngoutéré ce mardi 27 janvier 2026 pour rencontrer les villageois et les militaires afin de trouver une issue à cette crise de confiance.

Source: Corbeau News Centrafrique

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