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Quelques semaines après sa défaite aux législatives dans la circonscription de Boali, l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada sort du silence et publie un message politique qui ne laisse personne indifférent.
Dans un long texte partagé sur son profil Facebook, Firmin Ngrebada aborde la question de la gouvernance post-électorale en Centrafrique. L’homme politique, qui vient d’être écarté du pouvoir législatif, choisit de ne pas se taire. Il préfère interpeller directement ceux qui s’apprêtent à diriger le pays sans tenir compte des autres forces politiques. Le message est clair: gouverner seul peut sembler une option commode, mais elle comporte des dangers réels pour la stabilité du pays.
L’ancien Premier ministre commence par reconnaître que diriger sans coalition permet d’agir rapidement. Les décisions se prennent plus facilement, les réformes avancent sans blocage, et le gouvernement peut afficher une ligne claire. Cette approche donne une impression de fermeté, surtout dans un contexte de crise. Mais Firmin Ngrebada ne s’arrête pas à ce constat favorable.
Il enchaîne aussitôt en pointant les risques d’une telle démarche. Exclure les autres acteurs politiques et sociaux crée de la frustration, renforce les divisions et donne à une partie de la population le sentiment d’être ignorée. À long terme, cette exclusion nourrit les tensions et les contestations. L’instabilité peut même s’installer durablement si rien n’est fait pour rassembler les forces vives du pays.
Pour l’ancien chef du gouvernement, le véritable défi n’est pas de gouverner vite, mais de gouverner juste et pour tous. L’unité nationale représente une force stratégique, surtout dans un pays qui cherche la paix durable. Gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable. La vraie victoire politique, selon lui, est celle qui rassemble la Nation autour d’un projet commun.
Ce message intervient dans un contexte particulier. Firmin Ngrebada, qui a longtemps servi sous Faustin-Archange Touadéra, vient de subir un revers électoral dans la circonscription de Boali. Beaucoup y voient une mise à l’écart organisée par le pouvoir en place. Ses partisans estiment qu’il a été sacrifié pour avoir osé manifester des ambitions politiques propres, au-delà de son rôle de simple exécutant.
Les commentaires sous sa publication confirment un soutien certain. Yvon Yoyo salue son retour dans l’opposition, estimant que c’est maintenant qu’il peut faire de bonnes analyses. Serge Marcel Nzinga Ngbezwa approuve son message, tout comme Souley Nimaga qui parle d’une vision juste et honnête. Maïva Epiphanie Lessene va plus loin en affirmant qu’un sage a parlé longue vie à lui.
D’autres voix sont plus critiques envers le régime actuel. Junior Landry Ouaragbino soutient l’opinion de Firmin Ngrebada, tandis que Geraldo Aboryot trouve l’analyse très pertinente dans un contexte où l’intérêt de la Nation est en jeu. Sidney Kamot espère que les dirigeants s’approprient ce discours pour construire un meilleur Centrafrique. Nobona Sincère Kisito apprécie la réflexion et encourage l’ancien Premier ministre dans ses engagements politiques.
Certains internautes rappellent que Firmin Ngrebada a lui-même servi le régime Touadéra pendant des années. Tom Edickson et Yom Larckson soulignent qu’il a été marginalisé malgré un parcours empreint de professionnalisme, de sincérité et de persévérance. Pour eux, il est temps qu’il quitte cette position avant que le marécage ne le submerge complètement.
Clementblaise Mazou pose une question dérangeante: pourquoi faudrait-il adapter les principes démocratiques à une supposée spécificité centrafricaine? Il compare la situation à celle des États-Unis, où le parti gagnant des élections présidentielles récupère tous les postes politiques et administratifs. En France, jusqu’à la première cohabitation de 1986, le parti au pouvoir gouvernait seul. Pourquoi la Centrafrique devrait-elle être différente?
L’empereur De Lanomé trouve l’analyse excellente, mais regrette que les partis politiques en Centrafrique soient fondés sur la jalousie et la haine, ce qui rend souvent difficile la solution proposée. Clément Anicet Guiyama-massogo estime que cette prise de conscience arrive tardivement, rappelant qu’il fallait défendre cette ligne politique dès 2016. Aujourd’hui, cela ressemble davantage à un appel égoïste qui n’a rien à voir avec les intérêts du pays.
Rock Man Daniel Farel Samedi va encore plus loin en affirmant qu’un pays sans opposition réelle, c’est comme un match sans arbitre ni adversaire: on ne progresse pas, on se trompe sans correction, et la nation paie le prix. Dez Kd rappelle qu’il faut toujours garder une oreille attentive aux réclamations de ceux qui ont des idées politiquement différentes.
Sosthène Guetel Dilamkoro reproche à Firmin Ngrebada d’avoir mis du temps à comprendre que les hommes politiques centrafricains ne découvrent la bonne gouvernance qu’après avoir perdu le pouvoir. Il cite le cas du président Bozizé qui devient soudainement chantre de la démocratie et du dialogue, alors qu’il se moquait des opposants qui réclamaient ces mêmes valeurs lorsqu’il était au pouvoir. L’internaute rappelle qu’il a connu Firmin Ngrebada à travers le E Zingo biani, cadre dans lequel il militait pour les mêmes causes que cet ancien Premier ministre découvre aujourd’hui.
Dans le COD-2020, où Sosthène Guetel Dilamkoro représentait l’opposition au sein du Comité stratégique chargé de suivre le processus électoral présidé par Firmin Ngrebada, ce dernier apparaissait comme l’acteur principal de la mauvaise organisation des élections de 2020 et du hold-up électoral du MCU. Le message du commentateur est sans ambiguïté: la trajectoire politique de Firmin Ngrebada montre qu’il défendait un régime qu’il critique aujourd’hui, simplement parce qu’il en a été écarté.
Côme MB estime que gouverner ensemble est une force lorsque l’unité nationale s’appuie sur la compétence, l’expérience et le sens de l’État. Ganaz Ganaz affirme que la meilleure vie politique, surtout dans un contexte comme celui de la Centrafrique, constitue un réseau d’interdépendance dans lequel s’opposer ne doit pas seulement signifier affrontement, mais aussi collaboration pour le bien-être de tous les Centrafricains.
Saint-Esprit Komasset apprécie l’analyse qu’il juge pertinente et capable de favoriser un bon climat politique en Centrafrique. Il rappelle qu’un proverbe local dit: on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. Latif Issa, pour sa part, affirme que la stabilité durable repose sur l’inclusion, pas sur la domination.
Cheick Obam trouve le texte vraiment inspirant. Il apprécie le fait qu’il mette en avant l’importance de l’inclusion et de la collaboration dans la gouvernance d’un pays, surtout dans un contexte post-électoral. Les avantages de gouverner seul sont bien présentés, mais les risques de division et d’instabilité sont également soulignés. La phrase citant que gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable, le touche particulièrement.
David Dango, de son côté, parle d’une analyse sage, tandis que Judicael Ulrich Lepaz complète en affirmant que gouverner avec le partage du pouvoir est essentiel pour garantir une paix durable et favoriser le développement. Lorsque le pouvoir est réparti entre différentes institutions, groupes sociaux ou communautés, cela réduit les tensions, renforce la confiance et permet à chacun de se sentir représenté et respecté. Le partage du pouvoir encourage le dialogue, la coopération et la participation citoyenne, qui sont des bases solides pour la stabilité politique.
Dans un climat de paix et d’inclusion, les efforts de développement économique et social peuvent prospérer au bénéfice de tous. Le message de Firmin Ngrebada touche donc une corde sensible chez de nombreux Centrafricains qui espèrent voir émerger une nouvelle façon de faire de la politique dans leur pays. Reste à savoir si les autorités actuelles tiendront compte de cet appel à l’unité ou si elles continueront sur la voie de la gouvernance solitaire
Source: Corbeau News Centrafrique
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