Africa-Press – CentrAfricaine. À Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, un dimanche ordinaire a viré au cauchemar quand les mercenaires de la milice russe Wagner ont ouvert le feu avec des armes lourdes sur la ville.
Ce 15 mars 2026, la population d’Obo vivait son dimanche comme à l’accoutumée. Les uns se rendaient à l’église, les autres au marché ou dans leurs champs, chacun à ses occupations du matin, sans rien pressentir de ce qui allait survenir.
Aux environs de 10h15, sans avertissement ni signal d’aucune sorte, les mercenaires de la milice russe Wagner ont déclenché depuis leur base des tirs nourris d’armes lourdes en pleine ville. Pendant près d’une heure, de 10h15 jusqu’à 11h24, les détonations se sont enchaînées sans interruption, assourdissantes, affolantes.
L’effet a été immédiat. Les fidèles ont déserté l’église en courant, le marché s’est vidé en quelques minutes, et les habitants ont regagné leurs maisons en hâte, terrés chez eux, attendant de comprendre ce qui se passait. Ce n’est que vers midi qu’il est devenu clair que ces tirs venaient bien des mercenaires de la milice russe Wagner qui sont basés dans l’ancienne base des militaires américains à Obo.
Ces armes ne sont pas tombées du ciel. Elles proviennent des stocks laissés sur place dans cette base par les militaires américains à leur départ en 2017, quand Washington avait rappelé ses troupes après des années d’opérations dans le Haut-Mbomou aux côtés des soldats ougandais, dans la traque infructueuse du chef rebelle Ougandais Joseph Kony.
En partant, les Américains avaient cadenassé leurs containers remplis d’équipements militaires, munitions comprises, sans les emporter. Ce sont ces mêmes stocks que les mercenaires de la milice russe Wagner ont depuis mis la main dessus et qu’ils puisent à leur guise.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Quelques semaines plus tôt, un missile tiré par ces mêmes Wagner depuis Obo était allé s’écraser en République Démocratique du Congo, à cinq kilomètres du village de Nzapay, semant l’effroi parmi les populations congolaises de l’autre côté de la frontière. Les débris avaient été récupérés par les militaires congolais et acheminés à Kinshasa pour identification, mais aucune réponse officielle n’a filtré depuis.
Ce dimanche, les tirs ont été dirigés en direction de Djema. Personne ne sait où les projectiles sont retombés, si c’est dans la forêt, sur un champ, ou près d’un village. Les cultivateurs, les chasseurs, tous ceux qui se trouvaient dans ces zones ce matin-là
Source: Corbeau News Centrafrique
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