Africa-Press – CentrAfricaine. En effet, ces coupures des billets émis par la BEAC montrent une fragilité inattendue dans la vie de tous les jours. Des fragments de papier se détachent facilement et de petites déchirures apparaissent après quelques manipulations seulement.
Ainsi, dès qu’un billet présente ce genre de défaut, même léger, les commerçants le refusent net. Le détenteur se trouve alors bloqué, incapable d’acheter quoi que ce soit avec une valeur qui ne passe plus nulle part. Cette réalité pèse lourdement dans un pays déjà éprouvé par des années de difficultés.
Prenant un exemple. À Boda, sous-préfecture minière de la Lobaye, au sud-ouest du pays, les refus de billets froissés ou légèrement fissurés se sont multipliés ces derniers temps. Si bien qu’une réunion avait été organisée à la mairie de la ville il y’a quelques semaines sur le sujet. Il ressort que tout commerçant qui refuse un billet de banque en bon état et légèrement déchiré, l’acheteur peut se retourner auprès des forces de l’ordre, que ça soit la gendarmerie ou la police, le commerçant sera arrêté, et une amande lui sera infligée.
Pourtant, malgré cette consigne claire, les vendeurs continuent de repousser ces billets de banque sans hésiter. Ils redoutent avant tout les faux billets qui circulent en grand nombre et préfèrent ne pas prendre le risque de se retrouver eux-mêmes avec une perte.
Rappelons que les anciennes séries de billets de banque qui étaient en circulation dans le pays offraient une bien meilleure résistance. Même pliés ou usés, ils gardaient leur forme et leur intégrité pendant de longs mois.
Les nouveaux, en revanche, s’abîment très vite pour un rien. Un simple frottement ou un pli suffit à les endommager de façon visible.
Dans ce cas, la responsabilité première revient à la Banque centrale qui a mis en circulation un papier qui ne supporte pas l’usage quotidien. Les citoyens en paient directement les conséquences sans pouvoir y remédier.
Une large campagne d’information auprès des marchands aurait pu apaiser les craintes liées aux contrefaçons. Mais aucune action de ce type n’a été lancée jusqu’à présent. Le silence des autorités laisse la population seule face à ces difficultés qui s’installent dans le quotidien.
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