Abakar Sabone Appelle À L’Aide Internationale

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Abakar Sabone Appelle À L'Aide Internationale
Abakar Sabone Appelle À L'Aide Internationale

Africa-Press – CentrAfricaine. L’ancien ministre centrafricain Abakar Sabone a pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme un abandon de son pays par les instances internationales, tout en pointant du doigt la présence de mercenaires étrangers sur le territoire national.

La situation que traverse la République centrafricaine inquiète de nombreux observateurs, notamment ceux qui connaissent l’histoire tourmentée de ce pays d’Afrique centrale. Abakar Sabone s’exprime avec une franchise déconcertante: “Aujourd’hui, vous avez abandonné la République centrafricaine.” Ses mots s’adressent directement à la communauté internationale, qu’il accuse d’avoir tourné le dos à un peuple en détresse. Selon lui, le pays “n’existe que de noms” et se trouve “pris en otage par des mercenaires de groupe Wagner”. Ces forces, qu’il décrit comme composées de “anciens militaires, des délinquants, des criminels, des prisonniers de guerre”, auraient été envoyées sous la responsabilité du président Touadéra.

L’ancien ministre poursuit en décrivant les exactions dont serait victime la population. “Depuis qu’ils sont en Centrafrique, ils ont terrorisé la population centrafricaine sur l’ensemble du territoire”, affirme-t-il sans détour. Il évoque des massacres quotidiens, des viols répétés et un pillage massif des ressources minières, sans “aucune autorisation, sans aucun contrôle”. Cette exploitation des richesses du sous-sol constitue, à ses yeux, une razzia organisée qui dépouille le pays de son patrimoine.

Sabone relève ensuite une contradiction qu’il juge intolérable. “Il est dit quelque part que tout pays qui collabore avec les groupes Wagner sera soumis sous sanction onusienne”, rappelle-t-il. Pourtant, en République centrafricaine, la MINUSCA elle-même “collabore avec ces Wagner dans des opérations, dans des patrouilles”. Plus encore, ces deux entités tiendraient “des réunions ensemble au sein de la MINUSCA”, ce qui constitue à ses yeux une aberration complète. Face à cette réalité, la communauté internationale adopterait selon lui “la politique de l’autruche, de ni vu, ni entendu”.

Pour l’ancien ministre, cette passivité équivaut à une complicité. “Le silence devant le crime a sa part de responsabilité dans le crime commis”, lance-t-il avec gravité. Il va plus loin en affirmant que “la MINUSCA joue le même rôle que jouent les groupes Wagner”. Selon ses dires, ils “collaborent, ils pillent le pays ensemble, ils massacrent ensemble”, alors que la mission première de la MINUSCA devrait être “la protection de la population civile”.

Abakar Sabone décrit ensuite des scènes qui glacent le sang. Dans le Haut-Mbomou et sur les chantiers miniers dans tout le pays, des Centrafricains seraient enterrés vivants “pour leur faire peur d’abandonner les chantiers au profit des Wagner, de la MINUSCA et des mercenaires rwandais”. Ces méthodes d’intimidation viseraient à vider les zones d’exploitation de leurs occupants légitimes.

Face à cette accumulation de griefs, l’ancien ministre annonce que “les compatriotes intègres centrafricains prendront leurs responsabilités pour mettre hors d’état de nuire le président Touadéra avec ses complices Wagner et les mercenaires rwandais”. Il lance alors un avertissement direct à la MINUSCA, faisant référence aux événements survenus “à l’est de la République démocratique du Congo” et affirmant que la Centrafrique “ne sera pas l’exception”.

Son message devient encore plus tranchant quand il s’adresse aux forces onusiennes: “Mettez-vous à l’écart. Le problème est centrafricano-centrafricain. La solution aussi est centrafricano-centrafricaine”. Il réitère cet appel à plusieurs reprises, mettant en garde contre toute interférence: “Ne vous mettez pas sur notre trajectoire.” L’avertissement s’accompagne d’une menace à peine voilée: en cas de non-respect de cette consigne, la MINUSCA serait “seule responsable de toutes les conséquences qui en découleront”.

Sabone conclut son discours par des propos martials. “Notre objectif, cap sur Bangui”, déclare-t-il avant de défier directement les mercenaires: “Wagner, montez au front, nous serons là.” Il promet que ces derniers découvriront alors “s’il y a des hommes ou il n’y a pas des hommes, s’il y a des guerriers ou il n’y a pas des guerriers” dans le pays. Enfin, il martèle: “Personne n’a le monopole de la violence. Œil pour œil, dent pour dent.” Cette rhétorique guerrière témoigne de la détermination de ceux qui s’opposent au régime actuel et à ses alliés étrangers, dans un contexte où les tensions atteignent un niveau

Source: Corbeau News Centrafrique

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