Artisan Minier Centrafricain Kidnappé par Wagner

0
Artisan Minier Centrafricain Kidnappé par Wagner
Artisan Minier Centrafricain Kidnappé par Wagner

Africa-Press – CentrAfricaine. Un exploitant d’or de Ndachima a perdu trente millions de francs CFA lors d’une descente nocturne des mercenaires russes. Kidnappé puis transféré à Bangui, il a passé six semaines derrière les barreaux à l’OCRB avant d’être libéré.

Le 18 septembre 2025, aux alentours de minuit, des mercenaires russes débarquent dans son bureau de chantier à Ndachima, soixantaine de kilomètres de Bambari. Ils l’embarquent sans ménagement, fouillent les lieux de fond en comble. Ils repartent avec plus de trente millions de francs CFA, une trentaine de téléphones appartenant à ses ouvriers, et une quantité considérable d’or. L’homme, que nous appellerons Adamou pour protéger son identité, est aussitôt jeté dans un conteneur métallique par les russes durant près d’une semaine.

Pendant cinq jours entiers, il reste enfermé dans ce conteneur sans recevoir la moindre nourriture. On ne lui donne que de l’eau. Cette privation l’affaiblit considérablement, mais personne ne semble s’en soucier. Au bout de 5 jours, les mercenaires décident de le transférer vers la capitale.

C’est par hélicoptère qu’il est acheminé à Bangui. Dès son arrivée, il est conduit directement à l’Office central pour la répression du banditisme. C’est là, pour la première fois depuis son arrestation, qu’on lui donne enfin à manger. Son calvaire carcéral ne fait pourtant que commencer.

Un mois et demi s’écoule dans les cellules de l’OCRB. Les policiers finissent par le relâcher, lui expliquant que son or et son argent ont été déposés au ministère des Mines. Selon eux, quinze millions de francs CFA l’y attendent. Soulagé mais méfiant, il se rend au ministère dès le lendemain de sa libération.

À la brigade minière, on lui présente effectivement vingt-huit téléphones. Chacun porte le nom d’un employé, car ces appareils appartenaient à ses ouvriers qui les déposaient dans son bureau pendant les heures de travail. Certains y laissaient également leurs économies pour plus de sécurité. Mais l’argent promis reste introuvable.

Des deux cents quelques grammes d’or officiellement restitués au ministère, rien ne correspond à la quantité réellement saisie par ces criminels de Poutine. Les quinze millions évoqués par les policiers demeurent jusqu’à ce jour invisibles. L’écart entre ce qui a été pris et ce qui est censé lui revenir reste béant, sans aucune explication.

Rappelons que Adamou exploite ce filon aurifère depuis 2009. Il travaille exclusivement dans l’eau, laissant les collines et la terre ferme aux Russes. Son activité n’empiétait sur personne, ne gênait aucune opération. Il employait des journaliers, leur fournissait des outils, les nourrissait correctement et les payait honnêtement.

Pourquoi cette descente nocturne alors? Aucune explication ne lui a été fournie. Pas d’accusations formelles, pas de motifs invoqués, rien du tout. Juste un braquage criminel en règle.

Aujourd’hui, cet homme qui faisait vivre plusieurs familles erre dans Bangui sans un franc en poche. Les mercenaires ont empoché l’essentiel de ses avoirs. Le ministère fait la sourde oreille à ses réclamations. L’argent s’est volatilisé quelque part entre Ndachima et les bureaux administratifs de la capitale.

Adamou continue de frapper aux portes des administrations. Les jours passent sans que rien ne bouge. Personne ne répond de ce décalage entre les sommes confisquées et celles officiellement enregistrées. Les quinze millions promis restent une chimère tandis que les trente millions réellement saisis ont disparu dans la nature

Source: Corbeau News Centrafrique

Pour plus d’informations et d’analyses sur la CentrAfricaine, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here