Insécurité à Bangui: Balalou Minimise Les Braquages

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Insécurité à Bangui: Balalou Minimise Les Braquages
Insécurité à Bangui: Balalou Minimise Les Braquages

Africa-Press – CentrAfricaine. Nouvelle performance décevante pour Maxime Balalou lors de la conférence de presse gouvernementale du lundi 18 août dernier. Interrogé sur la montée de l’insécurité à Bangui, le ministre de la Communication a livré une réponse confuse qui banalise les agressions subies par les habitants de la capitale tout en détournant l’attention vers des comparaisons inappropriées.

Le journaliste de RJDH, avait pourtant posé une question précise et documentée: “Ces derniers temps, les habitants de Bangui se plaignent pour l’insécurité qui monte en puissance, précisément dans le quatrième arrondissement, où les femmes sont souvent dépouillées lorsqu’elles finissent leur travail tardivement. Et aussi, la récente au niveau du SICA 2, la population pointe du doigt aussi les FACA qui sont récemment formés, qui sont impliqués dans les braquages. Comment est-ce que le gouvernement réagit?”

La réaction de Balalou a immédiatement pris un tour accusateur envers le journaliste. “Faites très attention lorsque vous indexez des gens. Quand vous n’avez pas les éléments de preuve, il faut faire attention. Vous passez des rumeurs pour dire que c’est telle unité, telle unité”.

Cette attaque frontale contre la presse expose une stratégie bien connue: plutôt que de répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes, le porte-parole préfère museler les journalistes qui relaient les inquiétudes des citoyens.

Sa suite de propos confirme cette approche défensive: “Si on a attrapé quelqu’un, c’est que cette personne ressortait du temps, on peut en parler. Mais si on n’a pas vu quelqu’un et que vous faites des spéculations, c’est dangereux. Il ne faut pas salir l’unité”.

Cette logique tordue exige des journalistes qu’ils attendent les arrestations avant d’évoquer les problèmes de sécurité. Une approche qui viderait de tout sens le travail d’information et d’alerte que doivent assurer les médias dans un pays normal.

Après cette réprimande inappropriée, Balalou tente une reconnaissance timide des faits. “Moi je pense qu’on condamne fermement ces actes-là et qu’il y a un travail qui se fait en ce moment, un travail qui se fait un peu partout dans certains coins et reculés. Vous avez des petits malfrats qui trouvent le malin plaisir de déposséder parfois des honnêtes citoyens de leurs biens et c’est une préoccupation”.

Cette formulation édulcorée transforme les agressions violentes en simple “malin plaisir” de “petits malfrats”. Une banalisation choquante qui témoigne d’une déconnexion totale avec la réalité vécue par les Banguissois.

Le ministre enchaîne alors avec une comparaison aussi déplacée qu’absurde. “Mais vous pensez que le braquage-là c’est le fait de l’armée? Mais un peu partout dans le monde vous avez ces phénomènes-là. Même dans les plus grands pays organisés, les gens braquent même. En plein jour”.

Cette référence incongrue et cette relativisation internationale révèlent un ministre complètement à côté de la plaque. Comparer la situation sécuritaire de Bangui à celle des “plus grands pays organisés” relève soit de l’ignorance, soit de la manipulation pure et simple.

L’accusation suivante atteint des sommets de désinvolture: “Vous faites ça comme si vraiment c’est un problème grave”. Pour Balalou, l’insécurité qui terrorise les femmes dans le quatrième arrondissement rentrant du travail ne constitue donc pas un “problème grave”. Cette déclaration à elle seule disqualifie son approche de la sécurité publique.

Sa tentative de rattrapage sonne faux: “C’est un phénomène d’insécurité qui doit être combattu fermement et je salue le travail que fait la police et les unités. Et je pense qu’on va continuer à travailler pour ramener la quiétude”.

Ces formules convenues contrastent avec sa banalisation précédente et démontre l’incohérence de son discours. Comment “combattre fermement” un phénomène qu’on refuse de considérer comme grave?

La suite de sa réponse enfonce le clou: “Là où il y a quelques cas de braquage, ce n’est pas un truc généralisé ou en attendant peut-être de la grossesse. Ce sont des cas isolés de quelques malveillants mais qui seront réduits très rapidement”.

Cette phrase incompréhensible, notamment la référence mystérieuse à “la grossesse”, témoigne encore une fois de l’improvisation permanente du porte-parole. Sa qualification de “cas isolés” contredit les témoignages quotidiens des habitants et les rapports des forces de l’ordre.

Son optimisme affiché paraît totalement déconnecté de la réalité: “Ces cas-là seront réduits. Donc je ne vois pas de préoccupation à ce niveau-là. Au contraire, la sécurité assurera Bangui”.

Cette assurance péremptoire, sans aucun élément factuel à l’appui, relève de la méthode Coué appliquée aux politiques publiques.

La conclusion de Balalou atteint des hauteurs de cynisme: “Vous savez bien, vous circulez toute la nuit jusqu’au petit matin. Les mamans très tôt le matin vont aller faire leurs achats et autres. Bangui est bien sécurisé”.

Cette description idyllique d’une capitale où tout le monde circule sereinement “toute la nuit” contredit frontalement la question initiale du journaliste qui évoquait les femmes “souvent dépouillées lorsqu’elles finissent leur travail tardivement”.

Cette performance désastreuse démontre un gouvernement en complet décalage avec les inquiétudes de ses administrés. Plutôt que de prendre au sérieux l’insécurité grandissante, Balalou préfère attaquer les messagers, banaliser les agressions et mentir sur la réalité sécuritaire.

Source: Corbeau News Centrafrique

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