Africa-Press – CentrAfricaine. Le MCU, parti présidentiel, désigne, lors de son deuxième congrès ordinaire à Bangui, une cinquantaine de candidats sans bac pour les législatives de décembre 2025.
Le Mouvement des Cœurs Unis (MCU) a investi ses candidats pour les élections législatives de décembre 2025 lors de son congrès du 26 juillet. Parmi eux, une cinquantaine ne possèdent pas le baccalauréat, condition pourtant exigée par la nouvelle Constitution illégale de Touadera.
L’article 99 de cette fameuse Constitution adoptée en juillet 2023 est explicite: nul ne peut être candidat aux élections législatives s’il ne remplit pas certaines conditions, notamment “être titulaire, au moins, d’un diplôme de Baccalauréat ou d’un titre équivalent”. Cette disposition vise à, selon ses auteurs, garantir un niveau minimal d’instruction chez les représentants du peuple.
Les candidats investis par le parti présidentiel présentent des profils variés. Certains n’ont pas terminé la première année du cours préparatoire (CP1), d’autres n’ont même pas franchi le cap de l’école primaire tout cours. En plus, D’autres n’ont pas dépassé le cap du collège, et ne savent même pas écrire correctement. Quelques-uns ne maîtrisent pas l’écriture de leur nom. Ces investitures contrastent avec les exigences constitutionnelles que le même pouvoir a fait adopter.
La situation démontre aux yeux du monde un double standard dans l’application de soi-disant la loi fondamentale. Les règles semblent modulables selon les intérêts politiques du moment. Cette flexibilité interroge sur la sincérité de l’engagement constitutionnel du pouvoir en place.
L’Autorité Nationale des Élections et le Conseil constitutionnel Touadera devront examiner ces candidatures. Leur mission consiste à vérifier la conformité des dossiers avec les dispositions légales. L’ANE, par exemple, créée pour garantir l’indépendance du processus électoral selon l’article 167 de la Constitution, fait face à un premier test de crédibilité.
Les électeurs centrafricains observent cette incohérence entre les textes et leur application. Dans la capitale Bangui comme dans les autres circonscriptions du pays, ils constatent l’écart entre les principes affichés et les pratiques réelles.
Cette approche sélective de la constitutionnalité questionne la solidité de l’État de droit. Elle montre comment les institutions peuvent être contournées quand elles gênent les calculs politiques. Les citoyens assistent à une démonstration pratique de l’instrumentalisation des règles selon les besoins du pouvoir.
L’investiture de candidats non qualifiés par le parti présidentiel constitue un précédent. Elle ouvre la voie à une normalisation des entorses constitutionnelles, pourvu qu’elles servent les intérêts dominants. Cette logique mine la crédibilité des institutions et affaiblit la confiance citoyenne dans le système démocratique.
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