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Lundi 9 février 2026, deux éleveurs transhumants tchadiens ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessés lors d’une attaque dans le village de Garo, situé dans la préfecture d’Ouham-Fafa.
Les victimes, dépouillées de leurs biens avant d’être tuées, appartenaient à une communauté pastorale peule tchadienne qui circule régulièrement dans cette zone. Les blessés ont été transférés vers l’hôpital de Batangafo pour y recevoir des soins d’urgence. Selon les témoignages recueillis sur place par la rédaction du CNC, ce type d’agression n’aurait rien d’exceptionnel dans la zone.
Les habitants pointent du doigt les miliciens du groupe Wagner, présents sur le territoire centrafricain depuis plusieurs années. Ces mercenaires russes sont régulièrement impliqués dans des exactions répétées contre les populations nomades qui traversent la région avec leurs troupeaux. D’après les sources locales, ces hommes armés s’en prennent régulièrement aux éleveurs sans que les autorités n’interviennent efficacement.
Les même sources affirment que ces miliciens tentent ensuite de faire porter la responsabilité de leurs actes aux jeunes villageois environnantes. Cette stratégie permettrait aux Wagner de brouiller les pistes.
Ce qui est d’autant plus incompréhensible, un accord de paix avait été signé le 19 avril 2025 entre le gouvernement centrafricain et plusieurs groupes armés, notamment l’UPC et le 3R, majoritairement composés de jeunes issus de l’ethnie peule. Ces arrangements devraient normalement garantir la sécurité des éleveurs Peuls dans les zones concernées. Donc il n’y a aucune raison de s’en prendre aux peuls, régulièrement accusés de soutenir les rebelles de l’UPC et de 3R.L’absence de menace avérée de la part de ces factions rend d’autant plus inexplicable la violence exercée contre les éleveurs.
Certains habitants de l’Ouham-Fafa qualifient ces agissements de crimes graves et dénoncent l’impunité dont bénéficieraient les auteurs. La situation actuelle de la République centrafricaine, soumis totalement aux Wagner, rend difficile toute enquête approfondie ou toute sanction des responsables. Les familles des victimes n’ont, pour l’instant, reçu aucun soutien ni aucune explication officielle concernant le drame du 9 février.
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