Réflexion sur le Troisième Mandat de Touadéra

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Réflexion sur le Troisième Mandat de Touadéra
Réflexion sur le Troisième Mandat de Touadéra

Africa-Press – CentrAfricaine. Ce lundi 23 mars 2026, derrière un micro de la Radio Centrafrique, Anacotuas Goneyou a posé quatre mots qui résument dix ans de dérive: « Où en est-on arrivé? » Pas besoin de réponse. Le pays la vit chaque jour.

Dix ans au pouvoir, et on repart pour sept de plus. La Constitution de 2023 a été taillée pour ça: effacer les mandats précédents, remettre le compteur à zéro, et habiller le tout du nom de Septième République des criminels et des voleurs. Le serment du 30 mars 2026 n’ouvre rien de nouveau. Il prolonge ce qui dure déjà depuis trop longtemps, avec un bail reconduit jusqu’en 2033 sans que personne n’ait vraiment eu son mot à dire.

Le score du 28 décembre 2025 du coup d’État électoral dit tout: 77,90 %, sorti du Conseil constitutionnel le 19 janvier comme une évidence. Dans les quartiers où on sait compter, personne n’y croit. L’opposition a dénoncé une fraude massive, documenté les irrégularités, crié dans le vide. Touadéra a été déclaré vainqueur dès le premier tour, et la machine est passée à autre chose. C’est ça, le processus électoral en Centrafrique aujourd’hui.

Les « acquis » qu’on ressort à longueur d’antenne, désarmement des groupes armés, réconciliation nationale, retour de l’autorité de l’État, sont des formules que les Centrafricains entendent depuis des années sans les voir dans leur quotidien. Des poches entières du territoire restent hors de tout contrôle réel. L’État apparaît quand il veut, repart quand ça l’arrange, et les populations continuent de se débrouiller seules.

Le congrès du Mouvement Cœurs Unis du 26 juillet 2025 a donné le ton: une mise en scène pour arracher un consentement public. Des manifestations gonflées à coups d’enveloppes, une pression organisée, et finalement Touadéra qui dit oui — « pour poursuivre ce que nous avons entrepris ». Traduction: pour ne pas lâcher un pouvoir que rien ni personne ne lui a repris.

La Vision Touadéra 2033 arrive en bout de course comme un emballage neuf sur une marchandise pourrie. Cinq axes, des mots creux — sécurité, dignité, miracle économique, panafricanisme. Le même discours recyclé depuis des années, pendant que les plus pauvres reçoivent juste de quoi manger en échange de leur silence et de leur vote. Les offices religieux se multiplient avant le 30 mars, les prières fusent, et la question d’Anacotuas Goneyou reste sans réponse: où en est-on arrivé, vraiment?

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