Africa-Press – CentrAfricaine.
Dans l’enceinte de la cité des Chefs d’État à Bangui, ce 19 juin 2025, le président Faustin Archange Touadera présidait une réunion consacrée à la gestion des carrières des juges et magistrats. Aux côtés du chef de l’État, son ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazene détaillait les orientations gouvernementales pour l’appareil judiciaire centrafricain.
Cette rencontre, présentée comme un exercice de bonne gouvernance, intervient dans un contexte où les Centrafricains questionnent de plus en plus ouvertement l’efficacité de leur système judiciaire. Les mesures annoncées par Abazene: limitation des disponibilités à quatre ans, harmonisation de l’âge de départ à la retraite à 67 ans, semblent déconnectées des préoccupations quotidiennes des justiciables.
Pendant que Touadera et son ministre de l’injustice dissertent sur la modernisation administrative de la justice, les établissements pénitentiaires de Ngaragba et du camp de Roux débordent de Centrafricains arrêtés illégalement. Députés, hauts cadres des finances, Anciens ministres, commerçants, citoyens ordinaires: tous se retrouvent derrière les barreaux sans procès, souvent après avoir subi des tortures. Ces arrestations arbitraires se multiplient, transformant les prisons en dépotoirs humains où s’entassent ceux qui dérangent le pouvoir.
Les Centrafricains constatent une vérité bien plus sombre: leur justice est devenue un instrument de répression massive. Des centaines de personnes sont arrêtées chaque mois sans mandat, torturées dans les brigades et les commissariats, puis jetées en prison sans jugement. Cette mécanique implacable frappe tous les profils: les députés, les hauts cadres des finances, d’anciens ministres, des hommes d’affaires, des citoyens. Le système carcéral centrafricain est saturé d’innocents tandis que les vrais criminels du régime se pavanent en liberté.
Cette situation perdure malgré les engagements pris par les autorités devant la communauté internationale. Les partenaires extérieurs, qui financent une partie de l’appareil judiciaire centrafricain, constatent que leurs investissements ne produisent pas les résultats escomptés en matière de respect des droits humains.
Alors que Touadera et Abazene se focalisent sur des questions de carrière et de statut, les Centrafricains attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations sécuritaires et judiciaires. Les pillages, les arrestations arbitraires, les violences contre les populations civiles continuent sans que les responsables soient traduits en justice.
La justice centrafricaine appartient désormais aux Russes. Les hommes de Wagner parcourent le pays, imposent leur volonté.
Pendant ce temps, Touadera et Abazene regardent ailleurs. Ils parlent de réformes, de modernisation, d’harmonisation. Mais la vraie justice, celle qui s’applique tous les jours aux Centrafricains, se rend dans les caves de Wagner. Là, pas besoin de magistrats formés, de procédures, de droits de la défense. Les Russes décident, exécutent, enterrent.
Cette situation dure depuis des années. Des milliers de Centrafricains ont disparu dans les geôles tenues par les mercenaires. Leurs familles cherchent encore leurs traces, frappent aux portes des commissariats, supplient les autorités. En vain. Comme les deux jeunes ex-miliciens Azandé arrêtés illégalement par les russes à Bangui.
Abazene prétend diriger la Justice. Mais quelle justice? Celle qui laisse Wagner opérer librement? Celle qui ferme les yeux sur les tortures, les exécutions sommaires, les disparitions forcées? Le ministre parle dans le vide. Sa justice n’existe plus. Elle a été remplacée par la loi russe, brutale et expéditive.
Les magistrats centrafricains le savent. Ils voient arriver dans leurs tribunaux des dossiers vidés de leur substance. Les vrais criminels, ceux qui pillent, tuent, terrorisent, ne passent jamais devant eux. Ils sont protégés par Moscou, couverts par Touadera, encouragés par Abazene.
Cette réalité empoisonne le quotidien des Centrafricains. Ils vivent dans la peur. Peur de parler, peur de sortir, peur d’exister. Car ils savent que la moindre parole, le moindre geste peut les conduire dans les cachots de Wagner. Et une fois là-bas, personne ne revient.
Touadera porte la responsabilité de cette dérive. C’est lui qui a ouvert les portes aux mercenaires russes. C’est lui qui leur a donné carte blanche pour terroriser son propre peuple. Et aujourd’hui, il fait semblant de diriger un pays qu’il a vendu aux étrangers.
Abazene n’est pas en reste. Ministre de la Justice d’un régime qui a abdiqué devant les tortionnaires, il cautionne par son silence les pires exactions. Chaque jour qui passe, chaque réunion qu’il tient, chaque discours qu’il prononce, il trahit un peu plus les Centrafricains qui croient encore en la justice.
Les prisons du pays racontent une autre histoire que celle des réformes administratives. Elles parlent de corps brisés, de familles détruites, d’espoirs anéantis. Elles révèlent un pays livré à la barbarie, où les bourreaux russes règnent en maîtres absolus.
Aujourd’hui, en Centrafrique, la justice a un accent russe. Elle parle la langue de Wagner, applique les méthodes de Wagner, sert les intérêts de Wagner. Les Centrafricains ne sont plus jugés par leurs pairs, mais par des mercenaires étrangers qui ne connaissent que la violence.
Cette situation révoltante perdure sous le regard complice de Touadera et Abazene. Ces deux hommes, censés protéger leurs concitoyens, les livrent pieds et poings liés à leurs bourreaux. Ils transforment la Centrafrique en terrain de chasse pour les prédateurs russes.
Source: Corbeau News Centrafrique
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