Africa-Press – CentrAfricaine. Dans le Haut-Mbomou, la patience des populations a une fin. La communauté Zandé entend créer une association de victimes pour porter les crimes de Wagner devant la justice internationale.
Les habitants du Haut-Mbomou n’entendent plus avaler leur douleur en silence. Joints par téléphone par la rédaction de CNC, des responsables communautaires ont confirmé leur volonté de s’organiser pour saisir directement la Cour pénale internationale, estimant que le bilan des exactions commises par les mercenaires de Wagner dans leur région est trop lourd pour rester sans réponse judiciaire.
Les faits rapportés par ces responsables sont d’une gravité rare. Disparitions forcées, arrestations arbitraires, poses de mines, massacres de cultivateurs, de femmes et d’enfants dans les forêts, incendies d’habitations: les crimes s’accumulent depuis des mois dans le Haut-Mbomou, dans une quasi-totale impunité. Wagner opère dans l’obscurité délibérée, interdisant toute prise de vue, menaçant de mort quiconque oserait témoigner.
Cette chape de silence s’étend bien au-delà des villages. À Bangui, personne ne parle. La MINUSCA se tait. Les organisations de défense des droits humains semblent frappées de mutisme. Les mercenaires le savent et en jouent, conscients que leur impunité repose précisément sur cette omerta généralisée qui étouffe chaque témoignage avant qu’il n’atteigne l’extérieur.
Les méthodes employées par Wagner dans cette région témoignent d’une volonté d’instaurer la terreur comme mode de gouvernance. Des corps sont laissés à pourrir en pleine rue, et quiconque ose les toucher s’expose à la mort. Un homme a été abattu à une quinzaine de kilomètres de Zémio ; son cousin a ensuite été tué en plein Zémio, à quatre kilomètres de l’aéroport, sous la menace que le cadavre reste exposé.
Les victimes ne se comptent plus. Des enseignants, des adjoints au maire, des chefs de village, des chefs de quartier: le rang social ne protège personne. La communauté Zandé rappelle que ces violences ne datent pas d’hier et qu’elles se poursuivent encore aujourd’hui, sans que la moindre institution nationale n’engage le début d’une procédure.
C’est précisément ce vide judiciaire qui pousse la communauté à regarder vers La Haye. Les responsables sont clairs: la justice africaine est aux ordres, et aucune évolution n’est attendue de ce côté. La CPI reste, à leurs yeux, le seul recours crédible pour que chaque responsable réponde un jour de ce qu’il a commis dans le Haut-Mbomou.
Source: Corbeau News Centrafrique
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