« Nous voulons créer une base de données des boxeurs de la diaspora »

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« Nous voulons créer une base de données des boxeurs de la diaspora »
« Nous voulons créer une base de données des boxeurs de la diaspora »

Africa-Press – Comores. Le président de la Fédération Comorienne de Boxe (FCB) va signer une convention avec l’ambassade de France à Moroni pour l’introduction de la boxe éducative et de la boxe féminine en milieu scolaire. C’était l’occasion pour Mohamed Abdou Mbechezi de revenir sur les perspectives d’avenir de la boxe comorienne notamment le championnat d’Afrique de la zone 4 en 2024. Interview.
Question : Vous allez signer une convention de 46 millions de nos francs avec l’Ambassade de France à Moroni. Pourquoi cette convention ?
Mohamed Abdou Mbechezi : Effectivement cela fait plus de 6 mois qu’avec le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’ambassade de France, nous travaillons sur un projet et nous procéderons ce jeudi à la signature d’une convention de plus de 46 millions de francs comoriens. C’est un projet consacré à l’introduction de la boxe éducative et de la boxe féminine en milieu scolaire, en s’appuyant sur un accord de principe que nous avons avec le Ministère de l’Education Nationale sur la pratique de la boxe à l’école dès la prochaine rentrée scolaire.

Question : Le 20ème championnat d’Afrique de boxe se tient à Yaoundé du 25 juillet au 6 août avec des boxeurs comoriens. Quelles sont vos attentes ?
M.A.M : Après notre première participation à un championnat du monde en avril dernier en Ouzbékistan, nous participons à notre premier championnat d’Afrique à Yaoundé, notamment grâce au concours de l’ambassade de France à Moroni, qui nous a soutenus d’une manière substantielle, du Comité olympique toujours présent à nos côtés et d’un donateur anonyme. Nous avons 4 boxeurs accompagnés d’Aboud Enzizi (Tintin), un de nos meilleurs entraîneurs. Notre objectif est de construire des boxeurs aguerris par l’habitude des compétitions de haut niveau, avec en filigrane cette philosophie dans le long terme, de ne pas seulement participer mais d’imposer la Boxe comorienne dans le concert des Nations. Les 8 médailles que nous avons obtenues en une année, nous donnent des raisons de croire que cela est possible, avec un travail sérieux.

Question : Et le championnat d’Afrique aux Comores en 2024 ?
M.A.M : Avec l’aide d’Allah, mon équipe et moi arrivons à faire un certain nombre de choses. Et le championnat d’Afrique de la zone 4, en est une. Après la décision de l’Afbc, suite à la visite du président de la Confédération, nous n’avons pas arrêté de travailler. Nous sommes dans une logique de mobilisation, d’abord de l’Etat comorien qui doit être la colonne vertébrale de ce projet. Ensuite, nous avons discuté avec plusieurs responsables politiques à Ngazidja et à Anjouan. Puis nous avons pris contact avec plusieurs institutions internationales. Nous sommes aussi dans une logique de mobilisation de sponsoring et de levée de fonds. Nous travaillons par ailleurs en étroite collaboration avec le ministre des sports, le conseiller du président de la République en charge de la jeunesse et des sports et le Comité olympique national. Certains dossiers n’avancent pas aussi vite que je le souhaiterais mais nous avançons à un rythme soutenu. Et nous serons au rendez-vous de ce formidable challenge, avec l’aide d’Allah.

Question : Et la formation des cadres qui est une de vos priorités ?
M.A.M : L’Afrique en est consciente et nous (présidents de fédérations nationales de la boxe africaine) avons décidé de prendre les choses en main. Et s’agissant de la FCB, c’est une priorité absolue. D’ailleurs cela fait une semaine que nous avons dans notre pays des formateurs venus de l’ASPBA du CBASP de l’Ile de La Réunion pour faire une formation de recyclage en attendant la formation de Star1 prévue en marge du championnat de la zone 4 aux Comores, en avril prochain. Nous sommes également en discussion avec la Fédération internationale de boxe, la Fédération française et le Comité Régional de Boxe de La Réunion pour des projets dans le renforcement des capacités des cadres de la FCB.

Question : Les Comores comptent de nombreux boxeurs dans la diaspora. Y’a-t-il des contacts entre ces derniers et la FCB ?
M.A.M : Cela est vrai. Et depuis quelques temps, nous constatons un intérêt certain de la part de boxeurs comoriens évoluant à l’étranger à notre endroit. Cela nous intéresse au plus haut point notamment pour les championnats du monde, championnats d’Afrique, les Jeux Islamiques, les Jeux de la Francophonie, les Jeux Arabes, les Jeux Africains de la Jeunesse et les Jeux Olympiques. Nous voulons créer une base de données de ces passionnés et pratiquants de boxe pour servir de locomotive au développement de la boxe de notre pays. Nous avons d’ailleurs le projet d’un sélectionneur national chargé principalement de la mobilisation de ces boxeurs de la diaspora comorienne où qu’elle se trouve dans le monde.

Question : Vos athlètes vont prendre part fin août aux JIOI, quelles sont vos chances de médailles ?
M.A.M : Cette question est complexe. Tout ce que je peux dire, encore une fois, c’est que la Fédération que j’ai l’honneur de diriger, refuse catégoriquement, ce qu’a dit le fondateur de l’olympisme moderne, le Baron Pierre De Coubertin qui disait : « l’essentiel est de participer ». Pour moi et mon équipe, l’essentiel est plutôt de gagner, en donnant le meilleur.

Question : Comment comptez-vous maintenir cette dynamique dans la perspective des jeux de 2027 ?
M.A.M : Dès que nous sommes arrivés à la tête de cette fédération, nous avons mis en place une stratégie, sur le long terme, en se basant sur la boxe éducative, scolaire, féminine, en plus de la boxe des élites. Et justement la convention que nous signerons ce jeudi avec l’ambassade de France vient consolider cette stratégie et la rendre effective et opérationnelle, avec comme objectifs, augmenter le nombre de licenciés. La fédération veut être au rendez-vous fixé par le Président de la République, de ces premiers jeux des îles que les Comores abriteront. Et je vous donne rendez-vous, parce que les boxeurs comoriens ne feront pas que participer en 2027. Ils gagneront aussi avec l’aide d’Allah, parce que nous nous y préparons.

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