Africa-Press – Comores. Les trois hommes en treillis sont arrêtés. Une enquête est ouverte et ils encourent des sanctions sévères selon le commandant de la gendarmerie. Ce dernier se veut inflexible face à cette scène d’une extrême violence dans laquelle sont impliqués les trois mis en cause.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux la semaine dernière, l’on y voit un jeune homme se faire trainer sur le sol et rouer de coups par des éléments de l’armée nationale. Le jeune homme serait originaire de Singani dans la région de Hambou à Ngazidja. C’est un passager d’un bateau devant partir pour Moroni, arrivé à Mutsamudu la veille depuis Madagascar selon nos informations. Mais rien ne se passera comme prévu. « Pour des raisons commerciales, le voyage a été reporté pour ce vendredi (le lendemain). Immédiatement les passagers ont pris d’assaut l’agence de voyage. Certains ont manifesté leur mécontentement. La tension montait d’un cran et la gendarmerie est intervenue pour rétablir le calme. Les gendarmes, moins nombreux, ont fait appel à leurs camarades de la Garde-côte présents sur le site. Malheureusement, les choses se sont mal passées. Selon un témoignage le passager en question a assené un coup à un militaire », relate le colonel Tachfine Ahmed, commandant de la gendarmerie nationale.
Le patron de la gendarmerie poursuit son récit avec des commentaires peu ordinaire dans un corps au sein duquel les violences semblent être érigées en règle : « Ces gendarmes se sont acharnés sur le jeune homme. La vidéo que vous avez vue sur les réseaux sociaux parle d’elle-même. Le jeune homme aurait porté des coups (à un militaire). Mais le comportement qui en a suivi est inacceptable surtout de la part de ces gendarmes. Car le métier de militaire exige une maitrise de soi. Même si un militaire a été victime de violence, cela est un fait mais, ce qu’ils ont fait par la suite est inexcusable, inadmissible. Sur ce, l’état-major de l’Armée a décidé de prendre ses responsabilités dans cette affaire », assure-t-il devant la presse, jeudi dernier. Et de préciser qu’au moment où il s’exprimait les trois militaires impliqués dans la scène de violence étaient entre les mains de la gendarmerie de Mutsamudu. « Ils vont être entendus. Une enquête est ouverte. Et le procureur de République d’Anjouan a été informé », poursuit-il le ton sévère.
Il explique que les trois mis en cause encourent une des trois sanctions réservées à un militaire : sanction disciplinaire, sanction pénale, ou sanction statutaire. « Je ne peux prédire ce qui les attend. En revanche, je peux vous garantir que ce qu’ils ont fait a sérieusement compromis l’image de l’institution militaire », admet-t-il. Le passager s’était fait brutalement attraper et trainer sur le sol par les trois agents des forces de l’ordre qui lui ont assené des coups de bottes, de mains, et de ceintures alors que le malheureux passager gisait sur le sol. Pour rappel, les militaires qui étaient impliqués dans les échauffourées du lycée de Moroni de février 2007 ont été soit rétrogradés soit radiés de l’armée pour s’en être pris de manière violente à des élèves. Ces sanctions devraient permettre aux forces de l’ordre d’éviter les bavures et abus vis-à-vis des citoyens dont ils doivent assurer la sécurité.
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