Pollution urbaine Eveiller les rues

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Pollution urbaine Eveiller les rues
Pollution urbaine Eveiller les rues

Africa-Press – Comores. Moroni aux alentours de 12h00. Un taximan jette son pot de yaourt dans la rue. Un piéton, excédé, se penche, ramasse le pot et le remet dans le taxi : « Vous avez perdu ça », lance-t-il, ironique. Un geste qui peut sembler anodin mais qui démontre le besoin criant de sensibiliser les citoyens sur la pollution, en milieu urbain notamment, et l’urgence d’agir.

Mégots, cannettes, bouteilles et emballages en plastique, … ces déchets font quasi partie de notre quotidien. On en trouve dans les axes principaux mais aussi dans les ruelles de la ville. Dans la capitale, pas un jour ne passe sans que piétons et automobilistes ne soient confrontés à des situations comme citées plus haut. « Tu me parles de protéger l’environnement mais en quoi l’emballage de mon bonbon alcool* (à la menthe) jeté sur la route va gêner les gens ? », a rétorqué un citoyen au volant de son véhicule Vitz. « Ça, c’est pour les pays développés. Pas pour nous ici…», a-t-il renchéri. Dès lors, comment agir alors que le problème n’est pas reconnu en tant que tel pour beaucoup.

« La mairie de Moroni n’arrive pas à mettre en place un processus efficace de gestion des ordures. Il n’existe pas de tri ni de politique de sensibilisation », a regretté Abbas Mohamed Elhad, conseiller municipal. Il faut dire que la question des ordures dans la capitale est des plus épineuses. Jusqu’à très récemment, la ville croulait sous les déchets faute de moyens, financiers et techniques. Une nette amélioration a été constatée avec un assainissement de certains quartiers de la capitale, des mises en garde contre les dépotoirs sauvages ou encore une meilleure organisation quant à la collecte des déchets. Mais beaucoup restent encore à faire notamment en matière de sensibilisation.

Cette problématique de laisser les déchets sans les éliminer correctement contribue à la détérioration de l’esthétique urbain, à la propagation de la saleté, sans compter les impacts négatifs sur l’environnement et la qualité de vie des citoyens. « Il n’existe pas de textes réglementaires relatifs aux sanctions. De temps en temps, un citoyen appréhendé paye un montant de 25 000 FC mais cela ne repose sur aucune base légale », a regretté l’ancien ministre. Le manque de moyen semble être le principal frein aux actions de salubrité dans Moroni comme l’a rappelé Amir Kiwane, chef des opérations. « Nous aurions aimé faire de la sensibilisation dans les quartiers mais malheureusement, nos moyens sont limités et nous n’arrivons pas à accompagner les citoyens dans cette démarche. Nous avons tenté l’expérience une fois et la mairie n’a pas été capable d’acheminer toutes les ordures entassées vers le site… », a-t-il regretté. Il faut savoir que les camions qui font le ramassage n’appartiennent pas à la Mairie. « C’est un prestataire et tous les mois, ce sont près de 12 millions de francs qui lui sont versés par les autorités pour assurer le transport des ordures vers le site », a-t-il expliqué.

Parmi les solutions envisagées, la participation citoyenne ou encore l’installation de poubelles. Mais là encore, le manque de moyen fait craindre le pire aux services de la voierie. « La mairie hésite à placer des poubelles afin d’éviter le déversement anarchique au niveau de la capitale », a confié un employé de la mairie. « Pour ce qui est de la sensibilisation, on fait ce qu’on peut avec les moyens du bord. En général, ce sont les riverains qui nettoient eux-mêmes leurs quartiers. Il arrive que nous leur donnions un coup de main. Récemment, nous avons mis en place une unité qui agit sur les grands axes lorsque la situation l’exige », a ajouté Amir Kiwane.

Dans cet imbroglio, des actions citoyennes qui laissent entrevoir l’espoir d’un changement. A l’instar de certains établissements scolaires comme le GSFA qui sensibilise régulièrement ses élèves sur la gestion des déchets avec des ateliers de recyclage ou encore l’association 2mains, qui n’hésite pas à organiser des campagnes de sensibilisation, sur le tri des déchets entre autres. Des actions, qui restent des moyens puissants par lesquels les citoyens s’engagent pour contribuer au bien-être collectif, mais qui restent encore insuffisantes…

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