« Murmures d’une mer », le silence éloquent de Badoro

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« Murmures d'une mer », le silence éloquent de Badoro
« Murmures d'une mer », le silence éloquent de Badoro

Africa-Press – Comores. L’écrivain Mohamed Badoro Badroudine a livré sa passion de l’écriture poétique à travers une présentation de son œuvre « Murmures d’une mer » paru aux éditions Kalamu des îles, à l’Alliance Française de Moroni le 25 novembre dernier. Il a décrit dans ses pages poétiques un univers mis en musique par le cœur. Cet ouvrage présenté en toute littérarité est un vrai tableau de la synesthésie.

Tout comme l’a dit Wadjih Abderemane, écrivain et anthropologue comorien sur la préface du livre « Murmures d’une mer », « Voilà qu’on se surprend à aimer ces vers qui parlent d’âmes perdues en mer tout en versant d’un côté une larme de tristesse ». En ce sens, l’auteur du livre s’est exprimé ainsi : « Ces murmures d’une mer, sont les murmures d’une mère, si beaux et si cruels. Soliloques pondant une percée pleine de somptuosité allant directement aux ouïes. Cette poésie marquée en deux climats essentiels, dont des vagues si douces et celles très agitées, sont la réalité de l’habituel. Oui il y a une mer qui murmure. Oui il y a des murmures d’une mère qui forent ». Il laisse sa verve littéraire se lire à travers ces vers. « Vois-tu le soleil couchant / Glisse mon être doucement Dans une danse sans nom / Je dois hélas te dire non Car à chaque rayon de notre joie / Tu t’en empares et tu la broies ».

Par ces vers l’auteur veut faire sentir le même vent qui lui caresse tout en plongeant son lecteur dans une lecture savoureuse de cette œuvre. Les « Murmures d’une mer » respectent bien la figure de la synesthésie inventé par Charles Baudelaire au XIXe dans laquelle les goûts et les couleurs se répondent en mettant au point la vivacité des organes de sens qui permettent d’entrer en contact avec le monde extérieur et qui inspirent le poète. « Mais qu’importe ! Face à un réel indicible, submergeant, envahissant, le poète lutte pour survivre jusqu’au jour où, hélas, il n’en peut plus, jusqu’au jour où il découvre que son verbe n’arrête pas les vagues meurtrières. Comme Beaudelaire un siècle et demi plus tôt, il songe à la mort qui devient le seul et unique répit », poursuit Wadjih. Et de poursuivre que les cris d’une âme toujours tourmentée ne sont jamais entendus.

Les Murmures d’une mer sont riches en procédés stylistiques voir même le titre de l’ouvre qui rime avec les murmures d’une mère. Cela évoque le mal et les cris d’une mère. A travers cette œuvre, l’écrivain comorien a abordé plusieurs thèmes parmi lesquels le drame de la Yemenia en 2009. « Embarquez-vous (…) Bonne mort mes frères (Mourez en paix salée) / J’entends hurler la mer votre tombe prochaine (…) Murmures / vers la zone réservée / Tourbillon d’artifice / Orgueilleuses nuits ». La lecture de l’œuvre Murmures d’une mer est très riche en littérarité.

Pour appel, Mohamed Badoro Badroudine est né à Mitsoudjé. Il est juriste de formation et spécialisé en contentieux à vocation économique. Cet homme est aujourd’hui cadre de la Banque centrale des Comores (BCC). Sa passion d’écrire l’a conduit aux Murmures d’une mer.

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